Cette semaine, Arancha González Laya, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères et actuelle doyenne de la Paris School of International Affairs à Sciences Po, a partagé son analyse des conflits au Moyen-Orient et des relations difficiles entre les États-Unis et l'Espagne. Ce dernier pays est le seul en Europe à avoir clairement condamné les frappes américaines et israéliennes, les qualifiant de violations du droit international.
Le 28 février, une escalade violente a eu lieu lorsque les États-Unis et Israël ont bombardé l'Iran, suite à laquelle Téhéran a riposté en lançant des missiles contre des bases américaines. Cette situation a pris par surprise les Européens, qui craignent une intensification des tensions au Moyen-Orient. "L'escalade est déjà là", indique González Laya, soulignant que l'Iran cherche à élargir le conflit à d'autres nations. "Nous sommes donc face à une crise régionale avec des répercussions mondiales", ajoute-t-elle.
La doyenne de Sciences Po déplore le choix de Washington d'agir sans l'accord de ses alliés. "Ce n'est pas une guerre de nécessité. Les États-Unis et Israel n'étaient pas confrontés à un danger imminent", souligne-t-elle, précisant que l'intervention n'a rien d'humanitaire et a de graves conséquences sur les civils.
Bien que certains aient pu voir d'un bon œil la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ces frappes, González Laya met en garde contre les effets à long terme sur la société iranienne. "Nous avons appris que les interventions militaires visant à promouvoir des libertés finissent souvent en échecs, comme en témoigne la situation des femmes en Afghanistan", déclare-t-elle.
Dans ce contexte, la position de l'Espagne, qui condamne les bombardements, a suscité le mécontentement du président américain, Donald Trump. Selon González Laya, cette tension est un reflet d'une posture souvent agressive de Trump envers des leaders européens non alignés avec sa vision. "Lorsque Trump perçoit de la faiblesse, il s'acharne. C'est une leçon que nous devons internaliser dans nos négociations", conclut-elle.
Sur le plan européen, les nations sont divisées. Certains, comme Chypre, ont été directement touchés par le conflit, et bien que beaucoup souhaitent éviter l'offensive, des mesures de défense ont été prises, comme le renforcement des capacités militaires en Méditerranée. Néanmoins, seulement l'Espagne a ouvertement dénoncé la situation, appelant à un respect scrupuleux du droit international.
En réponse aux critiques sur son manque de soutien, González Laya affirme que l'Espagne privilégie les discussions internes sur les divergences du moment. "Notre priorité est l'unité européenne. Il est crucial que nous restions solidaires", insiste-t-elle.
En conclusion, elle évoque les implications économiques du conflit actuel dans le Moyen-Orient. "Nous faisons face à un choc économique sérieux, et cela pourrait engendrer une inflation significative à travers l'Europe", prévient-elle. Appelant à la diplomatie, elle juge essentiel que l'Europe prenne un rôle de leader dans ce contexte instable pour éviter de grandes répercussions.







