Une analyse récente de l'ONG Human Rights Watch (HRW) révèle que les frappes de drones menées par Haïti dans sa lutte contre les gangs ont causé la mort d'au moins 43 adultes et de 17 enfants, visiblement non impliqués dans des activités criminelles, entre mars 2025 et janvier 2026. Ce rapport, publié mardi, souligne l'ampleur tragique des conséquences de ces opérations, réalisées dans des zones urbaines densément peuplées.
Selon les données de HRW, ces frappes, qui s'effectuent dans un cadre de violences inquiétant à Port-au-Prince, ont également blessé près de 49 personnes innocentes. "Des dizaines de civils ont été touchés, et cela ajoute une nouvelle dimension à la violence qui prévaut déjà dans nos communautés depuis trop longtemps", déplore Juanita Goebertus, directrice de la division Amériques à HRW.
Une violence en hausse
Les statistiques sont alarmantes : près de 6 000 personnes ont perdu la vie à cause de la violence des gangs en 2025, selon les indications de l'ONU. En outre, les opérations par drones se sont intensifiées, doublant presque dans la région de Port-au-Prince depuis novembre dernier, augmentant ainsi un climat de terreur parmi la population.
"L’angoisse est omniprésente, les drones survolent le ciel en permanence. Je vis dans la peur", témoigne une commerçante locale.
Les frappes ont atteint un pic lors d'une opération tragique le 20 septembre 2025, où neuf enfants, âgés de trois à douze ans, ont été tués près d'un complexe récréatif. Ce type d'incident devient monnaie courante dans le contexte actuel, où les gangs exercent un contrôle majeur sur le territoire de la capitale.
Selon HRW, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti attribue l'intensification de ces opérations à la force anti-gang associée à l'entreprise militaire privée Vectus Global. Cette situation est d'autant plus préoccupante que la responsabilité de ces pertes civiles reste floue dans un environnement où les droits de l'homme sont souvent négligés.
Pour documenter son rapport, HRW s’appuie sur des témoignages de proches de victimes, d'acteurs communautaires, ainsi que sur des images et vidéos. Les observateurs s'inquiètent du manque de mesures adéquates pour protéger la population civile alors que le gouvernement intensifie ses efforts contre les gangs.







