Suite à une récente annonce de Sébastien Lecornu, le gouvernement a engagé une série de 500 contrôles dans les stations-service pour prévenir les hausses jugées abusives des prix à la pompe. Ce mardi, le ministre du commerce, Serge Papin, a révélé que près de 6 % des stations analysées pourraient faire l'objet de sanctions.
« Le Premier ministre avait initié cette opération de contrôle. Nous avons déjà effectué près de la moitié des vérifications », a déclaré Papin lors d'une interview sur TF1. Il a précisé qu'« environ 16 % des établissements vérifiés affichaient des anomalies, dont certaines ont conduit à des amendes », a ajouté Maud Bregeon, la ministre déléguée à l’énergie, lors d'une intervention sur France 2.
Le ministre a confirmé un suivi rigoureux, précisant que les contrôles menés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s'inscrivaient dans un plan exceptionnel. Le bilan définitif sera rendu public mercredi.
Ne pas réagir de manière « épidermique »
Sébastien Lecornu a mis en garde contre certaines pratiques trompeuses au sein des stations. « Certaines d’entre elles affichent des prix sur leur site Internet de 1,95 euro pour le gazole, mais arrivent à des tarifs de 2,10 euros à la pompe. Ce décalage est inacceptable », a-t-il expliqué.
La situation a pris une tournure préoccupante, le prix du gazole ayant franchi la barre symbolique de 2 euros le litre dans l’Hexagone, une première depuis l’été 2022, comme l’a rapporté l’Agence France-Presse (AFP).
« Nous veillons à ce que ceux qui tentent de manipuler les prix soient sanctionnés. Toutefois, la majorité des distributeurs respectent les prix en adéquation avec l'évolution des coûts. Nous restons vigilants et devons identifier toutes les pratiques abusives », a déclaré Sébastien Martin, ministre délégué à l’industrie, sur Public Sénat. Il a également ajouté qu'il n’y avait actuellement « aucun risque de pénurie ».
Depuis fin février, le gazole, principal carburant utilisé en France, a enregistré une hausse de 28 centimes au litre, un bond de 16%, conséquence directe de tensions géopolitiques, notamment les frappes israélo-américaines sur l'Iran.
Face à cette escalade des prix, plusieurs partis politiques ont appelé à des mesures d'urgence. Cependant, Maud Bregeon a pour sa part suggéré qu’« il est trop tôt » pour envisager de nouvelles aides à l'achat de carburant.
Serait-il judicieux d’attendre avant de réagir ? « Si des mesures ciblées sont nécessaires à l’avenir, en fonction de l'évolution de la situation, nous les examinerons. Mais une réaction précipitée, surtout à quelques jours des élections municipales, ne correspond pas à l'approche de ce gouvernement », a affirmé Sébastien Martin.







