Accusé de pratiques anticoncurrentielles, le géant de l’événementiel, Live Nation, a réussi à éviter le démantèlement de ses activités, y compris sa filiale Ticketmaster, en concluant un accord avec le ministère de la justice américain (DOJ) le 9 mars. Cet accord est intervenu après une semaine de procès intense, durant laquelle le DOJ avait demandé une scission du groupe.
En vertu de cet accord, Live Nation s'engage à verser une indemnité, à céder certains actifs et à prendre des mesures visant à ouvrir le marché du concert à une concurrence accrue aux États-Unis. Cependant, cet accord reste suspendu à l'approbation du juge fédéral de New York, Arun Subramanian.
Le ministère reprochait à Live Nation d’agir comme un monopoliste sur le marché de l’organisation de spectacles et de la billetterie via Ticketmaster, rachetée en 2010. Les accusations incluaient la coercition des artistes et des salles à s'engager avec lui, écartant ainsi toute forme de concurrence et imposant des frais excessifs aux fans.
Michael Rapino, directeur général de Live Nation, a commenté que ce document représente "une avancée majeure pour améliorer l'expérience des concerts tant pour les artistes que pour les fans aux États-Unis".
Cependant, la situation n'est pas entièrement réglée. De nombreux États, dont New York, ont exprimé des préoccupations quant à l’insuffisance des mesures prises par Live Nation. Letitia James, procureure de l’État de New York, a déclaré qu'un recours serait déposé pour contester l'accord, ouvrant potentiellement la voie à un nouveau procès dirigé par les États.
Une réaction controversée
Lors du procès, David Dahlquist, représentant du ministère, a décrit l'industrie de la billetterie comme "détraquée", ajoutant que des observateurs s'attendaient à cette issue, compte tenu de la démarche du juge et de la volonté du gouvernement Trump de ne pas interférer dans les affaires de concurrence.
La sénatrice Elizabeth Warren a vivement critiqué l'accord sur X, affirmant : "Donald Trump vient de trahir tous les fans qui sont exploités par Ticketmaster. Scinder Live Nation et Ticketmaster est la seule solution pour alléger la pression sur les artistes et le public." Amy Klobuchar, également sénatrice, a proposé de limiter les accords amiables en matière de concurrence.
L'accord inclut une indemnité de 280 millions de dollars, qui pourrait être réduite si des États ne l'acceptaient pas. Live Nation devra également céder 13 salles sur les 460 qu'il contrôle, et convenir de plafonner les frais de billetterie à 15 % dans ses salles.
Sur Wall Street, l'annonce de cet accord a été bien accueillie, entraînant une augmentation de plus de 6 % du titre Live Nation lors de la séance de lundi.







