Ce lundi, les ministres des finances du G7 se sont réunis pour examiner la possibilité d'utiliser les réserves stratégiques de pétrole afin de calmer le marché, confronté à une montée des prix alarmante. Selon le gouvernement français, « nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole de manière à stabiliser le marché », a déclaré le ministre des Finances, Roland Lescure, à Bruxelles. Bien que la possibilité soit envisagée, il a précisé qu'aucune action n'avait encore été décidée.
En route pour Chypre, le président Macron a également souligné qu'« l’utilisation des réserves stratégiques était une option envisagée ». Une réunion des ministres de l'Énergie du G7 est programmée pour demain, en marge d'un sommet qui réunira une soixantaine de pays à Paris, visant à renforcer la coordination autour des enjeux énergétiques - un sujet ô combien pressant dans le contexte actuel.
La situation au Moyen-Orient pourrait induire un « choc stagflationniste majeur », selon Valdis Dombrovskis, commissaire européen, si la guerre venait à s'étendre. La hausse du prix du pétrole, déjà perceptible avec un bond de 30% à près de 120 dollars lundi, soulève de sérieuses inquiétudes sur l'économie mondiale. Cependant, cette flambée a été légèrement atténuée par l'annonce d'une éventuelle activation des réserves stratégiques, en conformité avec les recommandations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Créée en réponse aux crises pétrolières des années 1970, l'AIE exige que ses membres détiennent un minimum de 90 jours de stocks d'importation de pétrole. À ce titre, la France détient actuellement 118 jours de réserves. D'après le Nikkei, au Japon, les autorités ont déjà approuvé des préparatifs pour libérer des stocks de 400 millions de barils, mais aucune décision définitive n’a été prise. La Commission européenne a toutefois indiqué qu'« il n’y a pas de risque de pénurie imminente d’approvisionnement en pétrole en Europe ».
Les inquiétudes persistent quant à l'approvisionnement, notamment à travers le détroit d’Ormuz, un point névralgique pour l'acheminement du pétrole mondial. Des restrictions commencent à être envisagées dans des pays asiatiques. Pendant ce temps, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a suggéré d’assouplir les sanctions sur le pétrole en provenance de Russie afin de « créer de l’offre ». L'Iran, pour sa part, continue ses opérations militaires, exacerbant ainsi les tensions dans la région. Face à cette complexité, la nécessité d'une réponse coordonnée du G7 devient manifeste.







