La ville de San Francisco, épicentre technologique des États-Unis, est en proie à une flambée des loyers, exacerbée par le boom de l’intelligence artificielle. Selon un rapport du Financial Times, un tiers des locataires dépense désormais plus de 30 % de ses revenus pour se loger, et un sur cinq va jusqu'à consacrer plus de la moitié de ses ressources au logement.
En effet, le prix médian des biens immobiliers à l’achat a enregistré une hausse spectaculaire de 12 % entre octobre et décembre, atteignant 1,8 million de dollars (environ 1,5 million d’euros). Ce retournement rapide du marché, après une chute drastique lors de la crise du Covid, montre à quel point l'économie de la technologie influence la dynamique immobilière.
Des acteurs majeurs comme OpenAI, situé à Mission Bay, voient leurs employés bénéficier d'énormes compensations, avec une moyenne de 1,5 million de dollars en actions, en plus des salaires. Cela contribue à intensifier le fossé en matière de logement entre les travailleurs de la tech et le reste de la population, comme le souligne le Financial Times.
Les transactions supérieures à 5 millions de dollars (4,2 millions d’euros) ont bondi de 55 % au dernier trimestre 2025, avec des hausses les plus marquées dans des zones comme Pacific Heights et Presidio Heights, où les prix peuvent atteindre jusqu'à 6 millions de dollars.
D'un autre côté, les locataires cherchent des solutions alternatives, comme la sous-location ou la colocation, qui, bien que populaires, ne font qu’accroître les inégalités, car les meilleures offres ne sont souvent accessibles qu'aux résidents de longue date disposant d'un réseau solide. Les nouveaux arrivants se voient alors confrontés à des défis considérables.
Selon Patrick Carlisle, expert du marché chez Compass, la ville de San Francisco a toujours oscillé entre prospérité et récession. “De l'essor des chemins de fer à l'invention de la radio, puis au premier boom informatique, cette ville connaît une exubérance qui peut rapidement tourner à l’excès”, déclare-t-il.
La chute de la demande en 2024 a mis en lumière la vulnérabilité du marché immobilier, tandis que la récente reprise démontre les conséquences d’un faible rythme de construction. Le nouveau maire, Daniel Lurie, a décidé de rompre avec des pratiques traditionnelles en permettant des constructions plus élevées dans des quartiers historiques, tandis que l’État de Californie impose des réformes pour faciliter la construction de nouveaux logements.







