Le nombre de chefs d'entreprise ayant perdu leur activité en France atteint des sommets en 2025. Cette statistique inquiétante, mise en lumière par les travaux de l'association GSC et d'Altares, révèle une détérioration persistante de la situation économique. En effet, après une augmentation spectaculaire de +34% en 2022, +33% en 2023, et +18% en 2024, le chiffre se stabiliserait, avec une hausse modeste de 1% par rapport à l'année précédente.
Construction et commerce les plus touchés
Hervé Kermarrec, président de la GSC, souligne que malgré cette stabilisation apparente, le climat économique demeure "fortement dégradé". Les secteurs les plus affaiblis sont les construction (25,2% des liquidations) et le commerce (21,3%), bien que des baisses de 3% et 1,8% respectivement aient été observées cette année. D'autres secteurs, cependant, connaissent une augmentation significative des défaillances.
Un fait marquant est que l'âge des dirigeants touchés par ces pertes d'emploi tend à diminuer : l'âge médian passe de 46,3 ans à 45,8 ans, avec une inclinaison notable vers les jeunes entrepreneurs de moins de 26 ans. Cela montre un changement dans la dynamique de la propriété d'entreprise en France.
Toutefois, la tranche d'âge des 41-50 ans demeure la plus représentée, représentant 28,4% des fermetures d'entreprises. L'Observatoire souligne que de nombreux dirigeants dans cette catégorie étaient à la tête d'entreprises de plus de 10 ans, ce qui démontre que la longévité n'assure plus la pérennité dans le contexte actuel.
Ressources morales "épuisées"
Les dirigeants âgés de plus de 50 ans semblent mieux résister, avec une variation de -4,6% et -8,2% des pertes d'emplois pour les 51-60 ans et plus de 60 ans respectivement. Cela soulève des questions sur la résilience des plus jeunes face aux défis économiques.
Selon Thierry Millon, directeur des études chez Altares, l'instabilité économique prolongée a "épuisé les ressources morales et financières de nombreux dirigeants". Il fait écho à un besoin pressant de réévaluation des perceptions sur l'échec entrepreneurial, notant que le droit à une seconde chance est crucial à ce stade de la crise.
En parallèle, la Banque de France notait, avec préoccupation, que le nombre de redressements et de liquidations avait atteint 68.961 au cours des douze derniers mois, signalant une résurgence de ces tendances en ce début d'année 2025.







