Deux militantes de la CGT se retrouvent sous les projecteurs après que leurs noms aient été cités dans un rapport soumis à délibération. Le conseil départemental des Deux-Sèvres a décidé d'engager des poursuites en diffamation suite à des allégations concernant la structure Tandem Educadis.
La crise de l'aide sociale à l'enfance se poursuit à Niort. Ce lundi, il a été révélé que le conseil départemental compte intenter une action en justice contre les deux syndicalistes qui ont mis en lumière des failles dans la gouvernance de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE). En tant que représentantes des salariés, elles ont alerté sur la détresse des jeunes en difficulté, souvent déplacés d'un foyer à l'autre.
Leur nom apparaît dans un rapport commandé par la collectivité avant l'adoption d'une délibération visant à initier des poursuites. Alors que la majorité a voté en faveur de cette démarche, l'opposition a boycotté le vote, exfiltrant les débats. Rose-Marie Nieto, l'une des élues, a décidé de s'abstenir.
"On ne nous fera pas taire," rétorquent les deux syndicalistes. Elles ajoutent : "On nous reproche de ne pas avoir signalé le malaise des agents ! Nous le faisons depuis des années au CHSCT…" Selon elles, cela s'inscrit dans une stratégie de désinformation pour dominer le discours sur les problématiques réelles auxquelles font face les agents de l'ASE.
Une mission d'évaluation en cours au sein de la collectivité
Ces accusations sont perçues comme une tentative de bâillon par les militantes, qui soutiennent que la situation des agents de l'ASE reste grave, avec des enfants continuellement transférés d'un foyer à des familles d'accueil. Notamment, à la Maison départementale de l'enfance, une décision de renvoi a été prise contre un directeur, car il est plus simple de blâmer un individu que de traiter les véritables problèmes structurels, affirment-elles.
Depuis le lancement de l'affaire, il est important de noter que le choix de confier la gestion d'enfants vulnérables à une entreprise privée a suscité de vives critiques de l’opposition. À la suite de divers dysfonctionnements au sein de Tandem Educadis*, le conseil départemental a décidé de retirer à cette société la gestion de quatre foyers d'accueil plus tôt cette année. En réponse à cette crise, une Maison d’enfants à caractère social a également été créée.
Actuellement, une mission d'évaluation sur la protection de l’enfance est en cours au sein de la collectivité, dont les résultats sont attendus pour septembre. Il est à noter qu'un éducateur de cette même entreprise a récemment été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour des faits de violences, ainsi qu'à une interdiction d'exercer auprès de mineurs pour dix ans.
Les événements se suivent et ne se ressemblent pas pour la situation déjà tendue dans l'aide sociale à l'enfance à Niort.







