Des témoignages en cascade ont mis en lumière les maltraitances subies par les employés de René Redzepi, célèbre chef danois du restaurant Noma, entre 2009 et 2017. Des anciennes recrues évoquent un environnement de travail où la terreur était omniprésente. D’après un article du New York Times, un ancien employé affirme même : « Travailler ici, c'était comme partir à la guerre ». Cette réputation de restaurant d'exception s’est ainsi ternie au gré des témoignages.
Noma, aujourd’hui fermé, avait longtemps fait rêver les passionnés de cuisine. Le chef Redzepi doit cependant ouvrir un Noma éphémère à Los Angeles le 11 mars, avec des dîners à des prix astronomiques. À cette occasion, Jason Ignacio White, ancien responsable du laboratoire de fermentation au sein de l'établissement classique, a remis en lumière les pratiques inacceptables vécues dans cette cuisine prestigieuse.
Piqué sous la table
Sur les réseaux sociaux, des récits troublants relatent des violences physiques et psychologiques. L’un des stagiaires a par exemple subi des moqueries pour écouter de la musique techno, tandis qu’un autre a été humilié pour son accent. Un témoignage en particulier évoque des agressions directes : « Comme il ne pouvait pas frapper pendant le service, il me piquait sous la table avec une fourchette à barbecue », relaye un ancien employé sur Instagram.
Un autre stagiaire raconte avoir reçu des coups dans le ventre pour une simple erreur de présentation. Un ancien collaborateur révèle même avoir été laissé ensanglanté après une altercation avec Redzepi. Environ trente ex-employés ont confirmé des cas de violences physiques, une réalité dénoncée dans le documentaire Noma at Boiling Point, diffusé en 2008.
Un « monstre » transformé
Confronté à la critique, Redzepi a présenté des excuses publiques à plusieurs reprises. Dans un essai de 2015, il se soulève quant à son comportement, le qualifiant de « monstre » envers ses équipes. « Je m'excuse auprès de tous ceux qui ont souffert de mon leadership au fil des années », déclarait-il dans des interviews.
Redzepi a également mentionné avoir suivi une thérapie pour gérer sa colère. Pourtant, plusieurs anciens membres du personnel estiment qu’il n’a pas pleinement reconnu la gravité de ses actes durant toutes ces années, laissant une ombre sur l'héritage du Noma.







