Le gouvernement syrien a nommé, le 10 mars, Sipan Hamo, un ancien haut commandant des forces kurdes, au poste de ministre adjoint à la défense. Cette décision résulte de l'accord signé fin janvier entre l'État syrien et les Kurdes, visant à intégrer ces derniers dans les institutions centrales du pays.
Sipan Hamo, co-fondateur des fameuses Unités de protection du peuple (YPG), a joué un rôle majeur dans les pourparlers avec le régime de Damas. Selon Assem Ghalioun, un responsable du ministère, il occupera le poste d'« adjoint au ministre de la défense pour la région Est », correspondant aux zones sous contrôle kurde. Les YPG ont été au cœur des Forces démocratiques syriennes (FDS), essentielles dans la lutte contre l'État islamique, dont les troupes ont été défaites en 2019.
Gouverneur kurde à Hassaké
L'accord récemment signé est intervenu après une longue période d'impasse et de hostilités majeures, affectant les ambitions d'autonomie des Kurdes qui géraient auparavant de vastes territoires dans le nord et le nord-est de la Syrie. Ce texte stipule que les forces de sécurité de Damas doivent s'installer dans cette région autonome, mise en place par les Kurdes depuis le début de la guerre civile en 2011. De plus, les FDS seront réorganisées au sein d'une division de l'armée syrienne, composée de trois brigades.
En accord avec les termes de cet accord, les Kurdes doivent également proposer des candidats pour d'autres postes clés, comme celui de gouverneur de la province de Hassaké. Fin février, Damas a nommé Nour Al-Din Ahmed Issa, un gouverneur kurde, à ce poste stratégique.
Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, qui s'est emparé du pouvoir après avoir évincé Bachar Al-Assad en décembre 2024, continue de travailler à l'affirmation de son autorité sur l'ensemble du territoire syrien, ce qui renforce la dynamique de cette nouvelle ère politique.







