Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a annoncé sa réélection avec 94,82 % des voix, selon les résultats provisoires de l'élection présidentielle d'hier, publiés par la télévision nationale. À 82 ans, il régnera sur le pays jusqu'en 2031, prolongeant ainsi son pouvoir de plus de quatre décennies.
Le ministre de l'Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, a déclaré sur les ondes : « Est élu, Sassou Nguesso Denis, 2 507 038 voix, soit 94,82 % des suffrages exprimés ». Cependant, les critiques fusent quant à la transparence du processus électoral, comme l'indiquent plusieurs observateurs.
Bien que le taux de participation ait été annoncé à « 84,65 % », la réalité évoque une affluence faible dans les bureaux de vote, en particulier à Brazzaville. Les autorités ont maintenu des mesures de sécurité strictes, avec des forces de l'ordre et de l'armée omniprésentes et une coupure d'Internet durant toute la journée du scrutin, limitant ainsi la circulation de l'information. Des habitants de la capitale ont ainsi cherché refuge près du fleuve Congo pour se connecter au réseau de la République démocratique du Congo.
Cette élection a également eu lieu dans un climat de méfiance à l'égard de l'opposition, qui a dénoncé des restrictions à l'accès aux urnes et qualifié le scrutin d'illégitime. Historique de tensions politiques, notamment en 2021, où Sassou Nguesso avait déjà été réélu dans des conditions controversées, les mêmes inquiétudes planent cette fois-ci.
Des voix qui s'élèvent contre le scrutin
Au total, près de trois millions d'électeurs étaient inscrits. En dépit de cette annonce, l'AFP a eu des difficultés à se procurer des données fiables sur l'affluence en raison de la coupure d'Internet. Lundi, le réseau demeurait muet, suscitant le mécontentement des Brazzavillois.
Des figures politiques notables restent emprisonnées depuis des années, comme le général Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, condamnés pour « atteinte à la sécurité intérieure ». Dans ce contexte, la question de la succession de Sassou Nguesso ne cesse d'émerger, alors qu'il insiste sur le fait qu'il ne sera pas éternellement au pouvoir. « Le tour des jeunes viendra », a-t-il affirmé sans jamais se référer à un éventuel successeur.
Pour conclure, cette réélection soulève non seulement des interrogations sur la transparence du scrutin, mais aussi sur l'avenir politique du Congo-Brazzaville. Les voix de l'opposition continueront à s'élever tant que le débat sur la démocratie et la gouvernance reste d'actualité, comme l'a rapporté Le Monde.







