La natalité en Russie est en déclin alarmant, une situation que Vladimir Poutine observe avec préoccupation depuis deux décennies et qui s’est intensifiée depuis le démarrage de l'offensive en Ukraine. Pour y remédier, le gouvernement a mis en place une initiative audacieuse : encourager les femmes sans enfants à consulter des psychologues.
Selon un document diffusé par l'Agence France-Presse (AFP), le ministère de la santé russe recommande aux praticiens d’orienter les femmes qui choisissent de ne pas avoir d'enfants vers des « consultations psychologiques pour favoriser une vision positive de la maternité ». Bien que ces recommandations aient été approuvées à la fin de février, elles n’ont été révélées au public que récemment.
Les consultatives annuelles, orientées sur la santé reproductive, visent les femmes âgées de 18 à 49 ans. En revanche, les hommes sont seulement invités à passer des bilans de santé physique, laissant entrevoir une approche inégale des questions de parentalité. Sergueï Leonov, président de la commission de la Douma d’État sur la santé, a commenté pour l'agence TASS que le recours au psychologue demeure une option laissée à la discrétion des femmes.
Rendre la parentalité « tendance »
Poutine a lui-même qualifié la baisse de la population de « question de survie nationale », avertissant en 2024 que la Russie pourrait faire face à une « extinction » si le taux de natalité ne s'accroît pas. Lors de son intervention en décembre 2025, il a lancé un appel pour faire de la parentalité une « tendance ».
Avec un taux de natalité descendant à son plus bas niveau depuis deux siècles, la Russie affiche environ 1,4 enfant par femme, en dessous du seuil nécessaire de 2,1 pour un maintien de la population. Dans la lutte contre ce phénomène, les autorités ont récemment renforcé la législation sur l'avortement et prohibé la « propagande child-free », tout en valorisant la parentalité dans les médias, accompagnée de divers avantages.
Depuis le 1er mars, la mise en place d'un registre dédié aux femmes enceintes a également été lancée, centralisant des données sur les grossesses, leurs complications, et les éventuelles anomalies congénitales détectées. Une stratégie complète qui souligne l'importance que le gouvernement accorde à l'augmentation des naissances en Russie.







