Le verdict prononcé le 20 mars représente une rare défaite judiciaire pour Elon Musk, souvent surnommé "Teflon Elon" en raison de sa capacité à esquiver les poursuites souvent jugées perdues d'avance.
Un jury basé à San Francisco a statué que Musk a trompé des actionnaires de Twitter lors de son acquisition tumultueuse du réseau social pour 44 milliards de dollars en 2022. Bien qu'il ait rejeté l'accusation de manœuvre frauduleuse, le jury a jugé que deux de ses tweets, publiés en mai 2022, étaient des déclarations mensongères ayant contribué à faire chuter le cours de l'action Twitter, comme rapporté par l'AFP.
Les dommages et intérêts, encore à évaluer, pourraient atteindre des milliards, selon les avocats des plaignants cités par CNBC. Cette décision marque une exception notoire dans la carrière légale de Musk, qui sort souvent victorieux de situations similaires. Il est intéressant de rappeler qu'en 2023, un jury dans le même tribunal de San Francisco l'avait rapidement exonéré d'accusations analogues impliquant des actionnaires de Tesla, liées à un tweet de 2018 où il prétendait avoir le financement pour racheter le constructeur automobile.
Il peut faire appel
Elon Musk, désormais à la tête de Twitter, rebaptisé X, n'a pas encore réagi à ce verdict, qui lui ouvre la voie à un éventuel appel. Le procès a principalement examiné ses déclarations concernant le nombre de faux comptes sur Twitter. Musk a affirmé que la plateforme comptait un bien plus grand pourcentage de comptes spam que les 5% mentionnés dans les documents réglementaires, évoquant ainsi une tromperie pour tenter de se retirer de l'accord d'achat.
Cette affaire suscite de nombreux débats au sein de la communauté économique et juridique. Des experts soulignent que les implications financières pourraient transformer le paysage des acquisitions dans le secteur technologique. Jean-François Gallo, avocat spécialisé en droit des affaires, déclare : "Ce verdict pourrait servir de précédent, affectant la confiance des investisseurs."







