Un juge fédéral américain a interrompu la mise en œuvre de la politique controversée du Pentagone qui limitait l'accès à la presse, entraînant le retrait des accréditations pour une grande partie des médias. Cette décision fait suite à une plainte déposée par le New York Times en décembre dernier.
Le juge a estimé que plusieurs dispositions de cette politique enfreignent les droits garantis par la Constitution, en particulier le Premier amendement, qui protège la liberté d'expression. Bien que le ministère de la Défense n'ait pas réagi immédiatement, des sources au sein de l'administration indiquent qu'une décision d'appel pourrait être envisagée.
Cette politique, publiée en octobre et largement désapprouvée par des organisations médiatiques comme l'AFP, imposait aux journalistes de ne pas divulguer certaines informations sans consentement explicite, sous peine de perdre leur statut d'accréditation.
« Les rédacteurs du Premier amendement savaient que la sécurité d'un pays repose sur une presse libre et un public éclairé », a écrit le juge dans son acte judiciaire. « Ce principe est essentiel à la sécurité nationale et ne peut être compromis. »
Il a également souligné que la protection de la sécurité nationale ne doit pas empêcher l'accès des citoyens à une information variée, surtout dans le contexte géopolitique actuel marqué par des tensions internationales. « Les citoyens doivent pouvoir prendre des décisions éclairées sur la politique de leur gouvernement, y compris à l'approche des élections », a-t-il ajouté.
Le tribunal a ordonné au Pentagone de rétablir immédiatement l'accréditation de sept journalistes du New York Times, qui avaient été exclus depuis la mise en œuvre de cette politique restrictive.
Cette affaire s'inscrit dans une dynamique plus large observée depuis l'arrivée de Donald Trump à la présidence, où l'accès des journalistes au Pentagone a été sévèrement réduit. Des médias tels que le Washington Post et CNN ont également vu leur accès restreint, et des nouvelles mesures ont limité les déplacements des journalistes à l'intérieur du célèbre bâtiment, les contraignant à être escortés dans plusieurs zones.







