Accusant les États-Unis de mener des négociations de paix, l'Iran a récemment annoncé avoir visé le porte-avions USS Abraham Lincoln avec des missiles. C'est la quatrième fois que Téhéran fait cette assertion sans que les États-Unis ne la corroborent.
Mercredi 25 mars, l'agence de presse d'État iranaise Irna a rapporté que des missiles antinavires Qader, capables de parcourir jusqu'à 300 kilomètres, avaient été lancés avec succès contre le porte-avions. Sur Telegram, Téhéran a fait état de frappes sur la flotte américaine, sans fournir de preuves tangibles de réussite.
Ces déclarations sont critiquées pour leur manque de preuve. Des vidéos publiées montrent des tirs de missiles, mais aucune image ne confirme leur impact sur la cible. De plus, le commandement militaire américain a réagi rapidement, affirmant que l'USS Abraham Lincoln menait toujours des opérations dans la région, accompagnant son message de photos où le porte-avions apparaissait en parfait état. Toutefois, la datation de ces images reste incertaine.
Il est fort probable que l'Iran ait effectivement tenté de frapper le porte-avions sans succès, une situation déjà observée dans le récent passé. En effet, lors d'une conférence de presse le 24 mars, le président américain Donald Trump a reconnu que l'USS Abraham Lincoln avait déjà été la cible de plusieurs tirs de missiles, tous interceptés. "Ils ont tiré une centaine de missiles vers notre porte-avions, aucun n’a atteint sa cible", a-t-il déclaré.
Des missiles en direction du porte-avions, mais sans le toucher
Les affirmations persistaient également depuis le début du conflit, avec l'Iran prétendant avoir touché le porte-avions dès le 1er mars, où de fausses vidéos montrant le navire en feu circulaient sur les réseaux sociaux, mais qui s'avéraient être issues de jeux vidéo, selon des analyses de France 24 et AFP Factuel. Le Pentagone a catégoriquement démenti ces informations.
Un argument dans la guerre d'influence
Cette dynamique fait partie d'une stratégie plus large de l'Iran, cherchant à démontrer sa puissance militaire face à une superpuissance. Des experts estiment que ces déclarations servent à renforcer le moral interne et à influencer les perceptions internationales en matière de capacité militaire. L'absence de preuves concrètes n'empêche pas ces affirmations d'être utilisées comme des outils de propaganda.
Pour Téhéran, chaque revendication de succès militaire s'inscrit dans une guerre d'image avec les États-Unis, où la réalité ne semble pas toujours alignée avec les proclamations. La tension entre ces deux pays, exacerbée par des actions militaires et des discours politiques, reste un sujet brûlant sur la scène internationale.







