Le collectif identitaire Némésis a annoncé que son association mère, Féminines & féministes, est désormais reconnue d'intérêt général. Ce statut ouvre la porte à des réductions fiscales de 66 % pour ses donateurs. En réponse, Éric Coquerel, président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, a décidé de solliciter l'administration fiscale.
Alice Cordier, présidente du collectif, interpelle ses soutiens dans une vidéo diffusée le 21 décembre 2024 : « Vous aussi, vous en avez assez que l'argent de vos impôts finance l'arrivée massive de migrants, les transitions de genre et la construction de mosquées ? Aujourd'hui, vous avez le choix. » Le collectif, lié à des groupes d'extrême droite, encourage ainsi les dons via des plateformes de paiement en ligne ou en cryptomonnaie.
En dépit des préoccupations soulevées, le caractère d'intérêt général de Némésis n'a pas été contesté par l'administration fiscale ou la Cour des comptes. Les dons à cette association permettent donc une réduction d'impôt significative. Alice Cordier insiste sur l'importance de cette décision : « Si vous ne faites pas ce choix, l'État prendra cette décision pour vous. Ne laissez pas vos impôts servir des causes qui ne sont pas les vôtres. »
Suite à une alerte de Libération, Éric Coquerel a pris l'initiative de demander l'ouverture d'une enquête sur Némésis. L’objectif serait de remettre en question son statut d'intérêt général, conformément aux exigences de l'article 200 du Code général des impôts. Cet article stipule qu'un organisme doit démontrer un « caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à l'égalité entre les femmes et les hommes ».
Néonazies et d’intérêt général ?
Le défi consiste à vérifier si Némésis remplit ces critères. Bien que son association Féminines & féministes affiche ostensiblement son objectif de « lutter contre les violences faites aux femmes », une analyse plus approfondie révèle qu'il s'agit en réalité de cibler principalement les agresseurs d'origine étrangère, instrumentalisant des enjeux féministes pour justifier des positions racistes et xénophobes.
Des associations avec des groupes néofascistes soulèvent des questions quant à la légitimité de son statut d'intérêt général. StreetPress et Reflets rapportent qu'une dizaine de membres de tels groupuscules faisaient partie du « service d'ordre » pour soutenir Némésis lors d'affrontements avec des antifascistes, un événement tragique qui a conduit à la mort de Quentin Deranque, créant un fossé entre l’image de l’association et sa mission déclarée.
Des informations divulguées par L’Humanité révèlent également des échanges troublants entre des néofascistes et des responsables de Némésis, qui ont planifié des actions violentes contre des militants antifascistes. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, néanmoins non suivi d'effet sur cette procédure de dissolution, a même qualifié Némésis de « groupuscule de la mouvance identitaire », une description éloignée de celle d’une « association d'intérêt général ».







