Jeudi 2 avril, l’Assemblée nationale a décidé de rejeter, sans examen, le projet de loi constitutionnelle relatif au statut de la Nouvelle-Calédonie, provoquant ainsi une vive réaction du gouvernement. Ce rejet est perçu comme une "motion de mépris" envers les signataires de l'accord de Bougival.
Le vote a été largement dominé par les députés de gauche et ceux du Rassemblement national, avec 190 voix pour la motion déposée par le député indépendantiste Emanuel Tjibaou. Marine Le Pen a qualifié ce projet de "dangereux pour l'unité nationale", soutenant qu'il compromet le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, comme l’a rapporté Franceinfo.
Le projet visait à entériner l’accord de Bougival, qui a été adopté au Sénat, mais doit également passer par l’Assemblée nationale en des termes similaires pour entrer en vigueur. Cet accord controversé, critiqué par le FLNK, principal mouvement indépendantiste kanak, inclut un report de la réforme électorale, à l'origine des émeutes de 2024 qui avaient coûté la vie à 14 personnes. Cette réforme est liée au droit de vote aux élections provinciales, limitée aux résidents installés avant 1998.
Un camouflet pour le gouvernement
Avant le vote, Sébastien Lecornu déclarait que le rejet de ce texte sans examen était "impensable". Pour lui, ce rejet représente une "forme de mépris" pour les signataires de l'accord de Bougival. Le gouvernement a convenu d'une réunion avec ces signataires dès la semaine prochaine, affirmant que cette décision privait les Calédoniens d'un véritable débat parlementaire sur l'avenir de leur territoire.







