Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s'est retrouvé au cœur d'une polémique raciste, exacerbée par CNews. Le parquet de Paris a annoncé, le 1er avril, l'ouverture d'une enquête pour injures à caractère raciste, suite à une plainte déposée par l'élu La France Insoumise (LFI) contre la chaîne de médias Bolloré. Bagayoko appelle à un rassemblement ce samedi 4 avril sur la commune de Seine-Saint-Denis, en coalition avec divers partis de gauche, syndicats et associations, pour protester contre ce qu'il considère comme une "offensive réactionnaire en cours".
Les propos dégradants, tels que "tribu" et "grands singes", ont été prononcés par certains intervenants de CNews suite à l'élection de Bagayoko au premier tour le 15 mars. L'élu, au côté d'autres figures politiques, exige la fermeture de cette chaîne, qu'il qualifie de "multirécidiviste". En réaction, il a déclaré à l'AFP : "C’est une bonne chose, un début. On verra jusqu’où ça ira".
Malgré les accusations de racisme, CNews insiste sur le fait qu'aucun propos raciste n'a été tenu sur son antenne. Les commentaires controversés ont été exprimés par le psychologue Jean Doridot et le philosophe Michel Onfray, provoquant l'indignation au sein de la population et des responsables politiques.
L’Arcom également saisie
Face à cette cascade d'injures et face à la réaction de déni de CNews, des membres de LFI et d’autres responsables ont saisi l'Arcom, l'autorité de régulation de l’audiovisuel et du numérique, qui a promis d'instruire les cas dénoncés. Même le gouvernement, après une certaine ambivalence, a fini par condamner les propos tenus sur CNews. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié ces déclarations de "ignobles et absolument inacceptables", son homologue Sébastien Lecornu a également dénoncé la "banalisation du mal et du racisme".
Le Premier ministre a demandé que le préfet de Seine-Saint-Denis se constitue partie civile, une démarche qui a déjà été actée. Cela étant, la question de l'extrême droite aidée par certains partis politiques reste en suspens, avec le Premier ministre évitant d'aborder cette problématique.
Un rassemblement le 4 avril à Saint-Denis
Bally Bagayoko, déjà victime de courriers racistes, a appelé à une mobilisation ce samedi à 14 heures sur le parvis de l'hôtel de ville de Saint-Denis. Il a noté que les reproches racistes véhiculés dans les médias rappellent que le combat pour la liberté, l'égalité et surtout la fraternité est toujours d'actualité. "Nous faisons partie intégrante de la société française, et c'est ensemble que nous devons tirer la République vers ce qu'elle a de meilleur", a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux, insistant pour que le peuple assume ses revendications.
Selon le PCF de Seine-Saint-Denis, cette vague d'insultes vise non seulement l'individu, mais également le département tout entier, un territoire riche de diversité. Ils appellent à unir nos forces contre les discours de haine, hérités d'un passé colonial et raciste.
Des syndicats locaux comme la CGT et Solidaires soutiennent également cet appel. Ils soulignent que le racisme et les discours extrêmes ne s'arrêtent pas à une simple élection municipale. Ils réaffirment l’urgence d’un mouvement collectif contre ces dérives tout en demandant la fermeture immédiate de la chaîne Bolloré.







