La Semaine du Roussillon célèbre actuellement trois décennies d'existence dans les Pyrénées-Orientales. Dans un contexte où de nombreux journaux locaux ont disparu, cet hebdomadaire a réussi à naviguer à travers les turbulences de l'industrie médiatique.
Chaque mercredi, les lecteurs attendent avec impatience sa parution, incluant des courriers d'abonnés, des dessins humoristiques, des agendas et des articles d'actualité. Fondée en 1996 par Antoine Gasquez, la publication a su se réinventer pour faire face aux multiples crises du domaine de la presse.
Sébastien Girard, le rédacteur en chef du journal, se remémore ces débuts : "Il y a trente ans, je n'aurai pas mis un kopeck. C'était un mélange d'enthousiasme et de détermination dans un petit appartement de la rue Louis Blanc. Nous compensions le manque de ressources par notre énergie juvénile, soutenus par Antoine."
Il poursuit en évoquant le scepticisme initial auquel Gasquez a fait face lorsqu'il a présenté son projet à une pépinière d'entreprises : "On lui a conseillé de ne pas se lancer, craignant pour la viabilité de son projet. Pourtant, à cette époque, seuls quelques médias comme l'Indépendant occupaient le terrain, laissant une opportunité pour un nouveau venu."
Un ton provocateur pour capter l'attention
Dans le but de se distinguer, la Semaine du Roussillon a utilisé un style souvent audacieux. En 2010, alors que Georges Frêche, président du conseil régional, proposait de renommer la région en "Septimanie", le journal a provoqué l'opinion publique avec un titre osé : "Pourquoi Frêche nous prend pour des cons". Girard explique : "Ce conflit entre Perpignan et Montpellier a allumé des tensions, et il était temps d'en parler."
Aujourd'hui, la Semaine du Roussillon peut se targuer de 1.500 abonnés et d'une vente hebdomadaire de 5.000 exemplaires. Son site internet est visité par 80.000 personnes chaque mois. Girard insiste sur l'importance de maintenir le format papier : "S'informer, c'est comme manger. Cela nécessite du temps et de l'engagement; on ne peut pas vraiment s'informer en consultant rapidement quelques titres."
Comme l'affirme le site de la Semaine du Roussillon, la transition numérique est essentielle, mais rien ne remplace la capacité d'absorption et de réflexion qu'offre un format papier. Ce mariage entre tradition et modernité semble être la recette gagnante pour cet hebdomadaire engagé.







