Guerre au Moyen-Orient : les intentions de Trump vis-à-vis de l'Otan dévoilées

Trump pourrait-il contourner l'Otan ? Un regard sur les enjeux et les risques.
Guerre au Moyen-Orient : les intentions de Trump vis-à-vis de l'Otan dévoilées
Le président américain, Donald Trump, à la Maison Blanche à Washington (Etats-Unis), le 1er avril 2026. (ALEX BRANDON / POOL / AFP)

Le président américain, Donald Trump, doit légalement obtenir l'approbation des deux tiers des sénateurs pour envisager un retrait officiel des États-Unis de l'Otan. Cependant, des experts soulignent qu'un retrait informel pourrait être à l'ordre du jour.

Lors d'une récente interview accordée au Telegraph, Trump a réaffirmé sa volonté de retirer les États-Unis de l'Otan, affirmant que ce serait une action "irrémédiable" motivée par le refus de certains alliés de participer à sa stratégie contre l'Iran.

Trump ne cache pas son scepticisme envers l'Alliance atlantique. "Je n'ai jamais été impressionné par l'Otan. Poutine le sait", a-t-il déclaré, allant jusqu'à affirmer que l'organisation n'est qu'un "tigre de papier". Pourtant, la question persiste : Trump a-t-il réellement le droit d'agir ainsi ? Franceinfo s'est penché sur cette problématique.

Le cadre légal d'un retrait

Actuellement, une loi adoptée par le Congrès en 2023 empêche Trump de retirer les États-Unis de l'Otan sans l'assentiment d'au moins deux tiers des sénateurs, ainsi que la consultation préalable des commissions concernées. Cette démarche vise à protéger l'adhésion à l'Otan, anticipant un retour potentiel de Trump au pouvoir, et a été soutenue par Marco Rubio, secrétaire d'État actuel, qu'il critiquait auparavant.

Le climat politique au Sénat rend un retrait aussi peu probable. Avec une majorité démocrate, obtenir les voix nécessaires semble difficile. Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates, a clairement indiqué : "Le Sénat ne votera pas pour quitter l'Otan juste parce que Trump est mécontent".

Peut-on éviter le cadre légal ?

Cependant, certains experts, comme Martin Quencez, avertissent que Trump pourrait ignorer cette loi, créant ainsi une crise constitutionnelle. Un rapport du Service de recherche du Congrès rappelle que, selon une position antérieure du ministère de la Justice, le président aurait le pouvoir exclusif de retirer les États-Unis des traités en vigueur.

Si la décision était finalement soumise à la Cour suprême, l'issue serait incertaine. En cas de victoire de Trump, le retrait officiel pourrait entrer en vigueur un an après son annonce, selon l'article 13 du traité de l'Atlantique nord.

Un retrait informel possible

Malgré un retrait improbable, "Trump n’a pas besoin de quitter l’Otan formellement pour désinvestir l’Alliance", souligne Alix Frangeul-Alves. Cela pourrait signifier fermer des bases militaires en Europe ou réduire le soutien à l'Ukraine, tout cela sans avoir à consulter le Congrès. Une position interprétée comme une menace pour les garanties de sécurité américaines.

Selon Frangeul-Alves, quitter l'Otan ne semble pas être dans l'intérêt de Trump, qui utilise l'Alliance comme levier pour influencer les politiques européennes, notamment en ce qui concerne ses opérations militaires au Moyen-Orient. En outre, l'Otan demeure une source importante de revenus pour les États-Unis grâce à la vente d'armements.

En somme, alors que la menace d'un retrait de l'Otan par Trump soulève des inquiétudes, les barrières légales et politiques semblent pour l'instant empêcher un changement radical dans la dynamique de l'Alliance atlantique.

Lire aussi

Tensions au Moyen-Orient : le Liban accuse Israël de violations du cessez-le-feu
Découvrez les accusations réciproques entre le Liban et Israël alors qu'un cessez-le-feu fragile est établi après un mois de conflit.
11h02
Cessez-le-feu au Liban : entre promesses fragiles et tensions persistantes
Un cessez-le-feu fragile se profile entre Israël et le Liban, marqué par des violations et des tensions. Découvrez les dernières nouvelles.
06h55
Des VPN devenus symboles de résistance face à la répression numérique en Russie
Analyse de l'impact des VPN en Russie, leur rôle en tant qu'outil de dissidence face à la répression numérique du Kremlin.
06h30
Jack Lang s'exprime sur l'affaire Epstein : entre colère et dénonciation
Dans une interview saisissante, Jack Lang défend son innocence face aux accusations liées à Jeffrey Epstein. Découvrez ses déclarations et réactions dans cet article.
06h06
Quand le secrétaire à la Défense confond la Bible avec un monologue de Pulp Fiction
Pete Hegseth, secrétaire à la Défense américain, confond un monologue de Pulp Fiction avec un verset biblique lors d'une messe au Pentagone. Une séquence qui fait le tour des médias et provoque confusions et rires.
06h03
Le Liban dénonce des violations israéliennes après le cessez-le-feu
Suite à une trêve entre Israël et le Liban, des accusations de violations se multiplient. Découvrez l'actualité en cours.
05h36