Le président américain, Donald Trump, doit légalement obtenir l'approbation des deux tiers des sénateurs pour envisager un retrait officiel des États-Unis de l'Otan. Cependant, des experts soulignent qu'un retrait informel pourrait être à l'ordre du jour.
Lors d'une récente interview accordée au Telegraph, Trump a réaffirmé sa volonté de retirer les États-Unis de l'Otan, affirmant que ce serait une action "irrémédiable" motivée par le refus de certains alliés de participer à sa stratégie contre l'Iran.
Trump ne cache pas son scepticisme envers l'Alliance atlantique. "Je n'ai jamais été impressionné par l'Otan. Poutine le sait", a-t-il déclaré, allant jusqu'à affirmer que l'organisation n'est qu'un "tigre de papier". Pourtant, la question persiste : Trump a-t-il réellement le droit d'agir ainsi ? Franceinfo s'est penché sur cette problématique.
Le cadre légal d'un retrait
Actuellement, une loi adoptée par le Congrès en 2023 empêche Trump de retirer les États-Unis de l'Otan sans l'assentiment d'au moins deux tiers des sénateurs, ainsi que la consultation préalable des commissions concernées. Cette démarche vise à protéger l'adhésion à l'Otan, anticipant un retour potentiel de Trump au pouvoir, et a été soutenue par Marco Rubio, secrétaire d'État actuel, qu'il critiquait auparavant.
Le climat politique au Sénat rend un retrait aussi peu probable. Avec une majorité démocrate, obtenir les voix nécessaires semble difficile. Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates, a clairement indiqué : "Le Sénat ne votera pas pour quitter l'Otan juste parce que Trump est mécontent".
Peut-on éviter le cadre légal ?
Cependant, certains experts, comme Martin Quencez, avertissent que Trump pourrait ignorer cette loi, créant ainsi une crise constitutionnelle. Un rapport du Service de recherche du Congrès rappelle que, selon une position antérieure du ministère de la Justice, le président aurait le pouvoir exclusif de retirer les États-Unis des traités en vigueur.
Si la décision était finalement soumise à la Cour suprême, l'issue serait incertaine. En cas de victoire de Trump, le retrait officiel pourrait entrer en vigueur un an après son annonce, selon l'article 13 du traité de l'Atlantique nord.
Un retrait informel possible
Malgré un retrait improbable, "Trump n’a pas besoin de quitter l’Otan formellement pour désinvestir l’Alliance", souligne Alix Frangeul-Alves. Cela pourrait signifier fermer des bases militaires en Europe ou réduire le soutien à l'Ukraine, tout cela sans avoir à consulter le Congrès. Une position interprétée comme une menace pour les garanties de sécurité américaines.
Selon Frangeul-Alves, quitter l'Otan ne semble pas être dans l'intérêt de Trump, qui utilise l'Alliance comme levier pour influencer les politiques européennes, notamment en ce qui concerne ses opérations militaires au Moyen-Orient. En outre, l'Otan demeure une source importante de revenus pour les États-Unis grâce à la vente d'armements.
En somme, alors que la menace d'un retrait de l'Otan par Trump soulève des inquiétudes, les barrières légales et politiques semblent pour l'instant empêcher un changement radical dans la dynamique de l'Alliance atlantique.







