Loi du 1er mai : les syndicats exigent un respect de la démocratie face à une réforme contestée

Les syndicats pressent le gouvernement de renoncer à une réforme jugée brutale.
Loi du 1er mai : les syndicats exigent un respect de la démocratie face à une réforme contestée

Les principales centrales syndicales de France, regroupant la CFDT, la CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires, ont adressé ce dimanche un appel pressant au Premier ministre, Sébastien Lecornu, lui demandant de ne pas convoquer de commission mixte paritaire pour examiner la proposition de loi relative au travail le 1er mai. Dans une lettre commune, ces syndicats dénoncent fermement une "réforme brutale" et expriment leur inquiétude quant aux conséquences de cette évolution législative.

Un appel au "respect" des acquis sociaux

"Monsieur le Premier ministre, on ne réforme pas ainsi brutalement un texte structurant de notre histoire sociale et des conquêtes collectives", écrivent les représentants syndicaux dans leur correspondance, transmise à l'AFP par la CGT. "Nous vous demandons donc de ne pas convoquer cette commission mixte paritaire, afin de respecter la démocratie sociale et la démocratie politique".

Les préoccupations des syndicats portent sur l'extension prévue de la dérogation d'ouverture des commerces le 1er mai, qui, selon eux, pourrait toucher de nombreux secteurs et grandes entreprises, au détriment des droits des salariés et des commerces indépendants. En effet, ils craignent qu'une telle mesure ne favorise uniquement les grandes chaînes au détriment des petites entreprises locales.

Le projet de décret que le gouvernement a partagé avec les syndicats envisage d'ouvrir ce jour-là des "grandes enseignes industrielles", incluant boulangeries, pâtisseries, ainsi que divers autres commerces tels que boucherie, poissonnerie et grandes surfaces spécialisées. Les syndicats soulignent que cette réforme pourrait transformer le 1er mai, traditionnellement un jour de repos, en une journée de travail pour de nombreux employés.

Un rendez-vous important est prévu lundi entre les leaders syndicaux et le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, pour discuter de cette législation problématique. Les syndicats avaient déjà condamné, vendredi dernier, l'adoption par l'Assemblée nationale d'une motion rejetant la loi adoptée par le Sénat en juillet, qualifiant cette manœuvre d'inacceptable et indiquant que le texte pourrait être applicable dès le 1er mai 2026.

Ce courrier est signé par des figures clés des syndicats, telles que Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Cyril Chabanier, président de la CFTC, et Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. Les syndicats se dressent fermement contre ce qu'ils perçoivent comme une menace à des acquis essentiels des travailleurs.

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