Les députés se réunissent jeudi et vendredi pour discuter d'une proposition de loi controversée sur les nouvelles formes d'antisémitisme. Le débat promet d'être intense et ses partisans ne montrent aucun signe de retrait. La proposition de loi Yadan, portée par Caroline Yadan, députée apparentée Ensemble pour la République, sera examinée dans l’hémicycle, avec un vote attendu le 5 mai. Cependant, son avenir demeure incertain.
En cas d'échec, le gouvernement s'est déjà préparé à un plan alternatif. "Si la proposition de loi venait à ne pas aboutir en raison de blocages ou d'une motion de rejet, un projet de loi ambitieux sera mis en avant, impliquant tous les acteurs parlementaires dans un cadre coordonné," a fait savoir une source de l'exécutif à Franceinfo.
Malgré la rumeur persistante d'un éventuel retrait du texte, l'exécutif assure que le débat aura bien lieu, insistant sur la responsabilité des parlementaires. "C'est aux élus de faire face à leurs engagements," a souligné le cabinet du Premier ministre.
Des rapports de force qui ont changé
Déposée en novembre 2024, la proposition a suscité des réserves importantes. Ses opposants craignent qu'elle n'atteigne la liberté d'expression, créant un amalgame entre les Juifs et l'État d'Israël. Mercredi, le Syndicat de la magistrature a critiqué le texte, le qualifiant "d'inadapté et dangereux pour les libertés publiques." Le même jour, une pétition contre la loi, signée par plus de 700 000 personnes, n'a pas été examinée par l'Assemblée.
L'adoption de la loi semble compromise. Bien qu'elle ait été validée en commission, les socialistes, qui s'étaient initialement abstenus, se sont opposés au texte qu'ils jugent "flou et dangereux." La mobilisation des groupes de gauche, notamment des Insoumis, a renforcé cette opposition.
Le soutien du MoDem, habituellement aligné avec le gouvernement, a également faibli, ses députés se déclarant indécis. Les membres du groupe centriste Liot partagent également des préoccupations similaires, tandis que des membres du bloc central expriment des opinions divisées.







