Le 26 mai, l'ancien Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait son grand retour sur la scène politique nationale à Athènes en présentant sa nouvelle formation politique, Elas, acronyme pour "Coalition de la gauche grecque". Cette initiative survient un an avant les prochaines élections législatives, et suscite déjà des débats dans la presse grecque.
Tsipras, qui a occupé le poste de Premier ministre entre 2015 et 2019, avait quitté la présidence de Syriza en juin 2023, après deux défaites électorales consécutives. L'événement a été accueilli avec des sentiments partagés, la presse jouant un rôle crucial dans la perception de cette nouvelle aventure politique.
Comme rapporté par Efsyn, l'ancienne figure de proue de la gauche radicale a présenté "sept engagements pour une gouvernance progressiste". Ses priorités incluent des axes tels que "vivre dans la dignité", "une démocratie forte", ainsi que la nécessité de protéger les citoyens face aux crises environnementales.
Le quotidien de gauche, faisant écho à l'ambiance du moment, note que ce retour pourrait marquer le début d'une nouvelle dynamique : "Il s'agit de convergence des courants historiques de la gauche, à travers une coalition progressiste".
Une réponse aux défis politiques actuels
Pour To Vima, la création d'Elas est clairement une réponse à un besoin pressant : "L'opposition est fragmentée et l'électorat de gauche fait face à de nombreux choix", soulignant la nécessité d'une alternative crédible face à un gouvernement actuellement critiqué pour plusieurs scandales, y compris les allégations d'écoutes téléphoniques et de mauvaise gestion des fonds européens, selon Courrier International.
"Tsipras connaît bien la société grecque", fait remarquer un éditorial de l'hebdomadaire local, soulignant que, malgré les défis, l'ancien dirigeant a un sens aigu des attentes de la population face à une Nouvelle Démocratie de plus en plus contestée.
Les échos du passé
Cependant, les critiques affluent également. Le journal I Kathimerini fait état d'un "arrière-goût de réchauffé" dans le discours de Tsipras, évoquant sa saison au pouvoir marquée par des politiques d'austérité. L'échec à instaurer un réel changement pendant son mandat a laissé un goût amer parmi ses anciens sympathisants de gauche.
Dans un article intitulé "Les vieux habits d'Alexis", News247 témoigne d'un retour aux sources gauchistes du leader, tout en soulignant que le nom de son parti pourrait prêter à moquerie, rappelant aussi les initiales de la police grecque.
Ce nouvel essor politique d'Alexis Tsipras s'annoncera-t-il comme une bouffée d'air frais pour la gauche en Grèce, ou bien ne sera-t-il qu'un nouveau tour dans un vieux manège ? Les mois à venir nous le diront.







