Sur les réseaux sociaux, des vidéos de combats brutaux attirent l'attention de milliers de personnes en quête de sensations fortes. Ce phénomène, relayé par des combattants d'extrême droite qui se positionnent comme des influenceurs, utilise la violence comme un moyen de promouvoir des idéologies radicales, comme le rapportent plusieurs médias, dont France Soir.
Des combats au-delà de la loi
Derrière l'organisation FPVS, qui rassemble plus de 100 000 abonnés sur Instagram et TikTok, se cache une réalité troublante. Ces combats se déroulent dans des lieux secrets et désaffectés à travers la France, offrant une vitrine à des combattants qui affichent des liens avec des groupes nationalistes. La plateforme Instagram embellit cette violence à travers des vidéos et des images soigneusement mises en scène, créant une atmosphère de glorification autour de ces confrontations qui ne respectent ni les règles ni la loi.
Les enjeux dépassent largement le cadre sportif. Selon le sociologue Emmanuel Casajus, l'extrême droite voit dans la force physique une manière d'affirmer ses convictions : "Un militant qui sait se battre est un militant capable de défendre ses idées physiquement". Ces combats clandestins deviennent alors un outil de recrutement pour des mouvements identitaires, cherchant à associer violence et valeurs traditionnelles.
Influence et propagande
Parmi les figures emblématiques, Maxime Bellamy, alias Orsu Corsu, utilise Instagram pour séduire ses presque 40 000 followers avec des messages de force et de virilité, tout en vantant des valeurs proches de l'extrême droite. Un ancien militaire, il côtoie des groupes identitaires et se montre ouvertement admiratif de figures controversées comme Eric Zemmour et même Adolf Hitler, comme il l’a affirmé lors d'une interview. Cette utilisation des réseaux sociaux pour partager ses convictions montre comment les mouvements extrémistes s'adaptent aux nouvelles technologies pour toucher un public plus jeune.
Dans un contexte où les sports de combat, notamment le MMA, connaissent un essor exponentiel, des organisations comme le FPVS profitent de cette dynamique. D'après les statistiques, la pratique du MMA a augmenté de 300 % depuis sa légalisation en 2020. Des combattants, souvent peu disposés à suivre les réglementations, se tournent alors vers la clandestinité pour organiser leurs événements.
Une réponse sociétale nécessaire
Face à cette recrudescence de la violence et de l'idéologie d'extrême droite dans le free-fight, des voix s'élèvent pour demander une prise de conscience collective. L'État, mais aussi les fédérations sportives, doivent agir pour contrer cette tendance inquiétante. Le Code pénal français, qui interdit la participation à des combats non déclarés, devrait être davantage appliqué pour dissuader ces pratiques illégales.
Des experts analysent ce phénomène de fond en soulignant la nécessité d'éduquer les jeunes générations aux dangers de l'extrémisme, tout en promouvant des valeurs de respect et de tolérance. Les combats clandestins ne sont pas qu'un simple divertissement, mais un reflet des fractures sociétales qui traversent la France aujourd'hui.







