Ce jeudi, les députés Les Républicains (LR) prendront le contrôle de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour défendre un ensemble de propositions législatives axées sur la sécurité et la morale publique. Parmi les sujets clés abordés figurent les conditions d'usage des armes par les forces de l'ordre et le port du voile par les mineurs. Laurent Wauquiez, le chef du groupe LR, évoque une réponse à l'"inversion des valeurs" dans notre société, avec un accent particulier mis sur le régalien.
De 9H00 à minuit, les parlementaires LR tenteront d'obtenir des avancées significatives. Ils prévoient de soumettre un texte visant à établir une présomption de légitime défense pour les policiers qui utilisent leur arme à feu, soulignant une possible inhibition que cette situation pourrait créer, selon le rapporteur Ian Boucard.
Cependant, cette notion a suscité des réserves au sein du groupe macroniste. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, représentera le gouvernement, qui propose une réécriture du texte, stipulant que les agents ayant ouvert le feu seraient présumés agir conformément aux lois en vigueur, mais que cette présomption pourrait être contestée par d'autres éléments de preuve.
Cette législation rencontre l'opposition de la gauche, avec Thomas Portes (LFI) qui s'inquiète d'une banalisation de l'usage des armes, soulignant à quel point les violences policières ont déjà été fatales. De nombreux groupes, tels que la Ligue des droits de l'Homme et les syndicats des avocats et de la magistrature, qualifient ces propositions de "recul dévastateur".
En revanche, le Rassemblement national soutient ardemment ces initiatives. Un député du RN a même qualifié certaines de ces propositions de "textes RN", ce à quoi Wauquiez a répondu en affirmant que la défense des forces de l'ordre est un enjeu partagé.
En début de séance, le groupe LR tentera également d'amener une résolution non contraignante demandant à la Commission européenne d'inscrire les Frères musulmans et leurs responsables sur la liste des organisations terroristes. Parallèlement, ils abordent le sujet du port du voile pour les mineures, souhaitant interdire toute obligation parentale à ce sujet dans l'espace public. Ce projet a suscité des critiques pour son caractère jugé inapplicable ou inconstitutionnel.
Gabriel Attal, patron de Renaissance, a exprimé sa préférence pour une interdiction des voiles jusqu'à 15 ans, mais son groupe est divisé. La gauche s'oppose fermement à ces textes, que certains considèrent comme des affrontements idéologiques entre la droite extrême et l'extrême droite.
Outre ces questions régaliennes, le groupe LR espère également faire avancer des propositions bénéfiques pour "la France qui travaille", notamment une législation pour sécuriser le travail dans certains secteurs tels que les commerces et la culture le 1er mai. Thibault Bazin, le rapporteur, défend cette initiative en réponse aux préoccupations des professionnels, notamment des boulangeries, confrontées à des amendes pour avoir ouvert durant ce jour férié.







