Le groupe laitier français Lactalis a déclaré, mercredi, un rappel important de lait infantile touchant plusieurs pays, y compris la France, la Chine, l'Australie et le Mexique, dû à une contamination potentielle par la céréulide. Selon Radio France, les autorités françaises auraient été alertées sur la présence de cette toxine au moins cinq jours avant le retrait des produits du marché.
Une dizaine de pays, incluant les grandes nations comme la France et la Chine, sont concernés, ce qui soulève des inquiétudes pour des millions de nourrissons. En effet, Lactalis a entrepris ce rappel peu après une annonce similaire de Nestlé. La cellule d'investigation de Radio France a révélé que le lien entre ces deux rappels est un fournisseur basé en Chine. Les autorités françaises, selon leurs assertions, avaient été mises au courant de la toxicité des produits concernés dès le 16 janvier.
"La Direction générale de l'alimentation a été informée que Lactalis avait reçu des lots potentiellement contaminés, bien que les test initiaux n'aient pas révélé de concentrations jugées préoccupantes," précise un rapport de la Direction générale de l'alimentation en charge de la régulation sanitaire des aliments selon une enquête de France Info.
Les rappels de Lactalis et de Nestlé sont motivés par des préoccupations sanitaires liées à la présence de céréulide, une toxine d'origine bactérienne susceptible de provoquer des effets indésirables tels que des diarrhées et des vomissements, surtout au vu de la sensibilité des nourrissons qui consomment ces produits.
En France, un communiqué des autorités sanitaires a été diffusé suite au décès d'un bébé qui aurait consommé le lait infantile contaminé par Nestlé, bien qu'aucun lien direct n'ait encore été établi. Le ministère de l'Agriculture a également confirmé que les retraits de Nestlé et Lactalis découlent d'un même producteur chinois d'un acide arachidonique, pertinent dans la formulation de certains laits infantiles, soulignant ainsi la gravité de la situation.
Pour Foodwatch, l’organisation de défense des consommateurs, il est crucial de porter cette affaire devant la justice afin de garantir la sécurité des produits. "Des millions de nourrissons à travers le monde sont affectés par ces rappels," ont-ils déclaré dans un communiqué.
Rappels dans 17 pays pour Lactalis, environ 60 pour Nestlé
Ces alertes touchent le secteur du lait infantile, déjà affecté par des précédents incidents. Lactalis est actuellement sous enquête pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires" suite à sa gestion de la crise du lait infantile entre 2017 et 2018, lorsque de nombreux cas de salmonellose ont été reportés.
Ces événements pèsent lourdement sur la confiance des consommateurs, avec une chute de l'action de Nestlé sur les marchés récemment observée. La situation est d'autant plus critique pour Danone, qui a connu une descente drastique sur les marchés boursiers.
À Singapour, une alerte a également été lancée pour les laits de la marque Dumex, propriété de Danone, signalant que certaines palettes ont été bloquées pour inspection, sans rapport avec les lots encore en vente.
En France, Lactalis a spécifiquement rappelé les produits de la marque Picot, principalement vendus en pharmacie et en supermarché, suivant les alertes émises par l'association Alliance 7, qui rassemble des professionnels assimilés à la nutrition spécialisée.
Produits affectés fabriqués en France
Pour ces rappels, Lactalis a révélé que le produit incriminé comprend "quelques lots" fabriqués en France, sans toutefois donner plus de détails sur le fournisseur d'acide arachidonique, précisant seulement qu'il était sous contrat avec un grossiste européen. Aucune réclamation ni signalement liés à ces produits n'ont encore été rapportés par les autorités sanitaires.
Les filiales de Nestlé en Europe avaient déjà engagé un processus de rappel dès mi-décembre, étendant la portée de ce problème à environ soixantaine de pays. Philipp Navratil, le directeur de Nestlé, avait présenté des excuses publiques en janvier pour la gestion tardive de cette crise.
Avec la gravité évidente de cette situation, il est clair que les consommateurs et les autorités attendent des réponses détaillées et, surtout, des mesures concrètes pour éviter de telles situations à l'avenir.
Avec AFP







