Les propos d'Arno Klarsfeld, fils des célèbres chasseurs de nazis, ont provoqué une véritable tempête politique. Lors d'une émission diffusée sur CNews, il a évoqué l'idée d'organiser des "grandes rafles" pour interpeller les étrangers en situation irrégulière, ce qui rappelle des méthodes ayant cours aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
Des déclarations qui font débat
Klarfeld, participant à un débat sur un crime survenu à Nice, a souligné la nécessité de se "débarrasser des OQTF" (Obligation de Quitter le Territoire Français) en s'inspirant des pratiques américaines. Sa comparaison avec les actions du ICE, la police de l'immigration américaine, a suscité de vives critiques de la part de nombreuses personnalités politiques.
Dans un message sur X, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s'est montré incredule : "Dites-moi que c’est un fake, dites-moi que ce n’est pas possible". Il a également évoqué la possibilité de porter plainte contre Klarsfeld en vertu de la loi sur la provocation à la haine et à la discrimination.
Mathilde Panot, cheffe des députés Insoumis, a également réagi avec indignation : "Dans quel état de folie ce pays est-il en train de sombrer ?" Elle a souligné la gravité historique de tels discours, rappelant la Rafle du Vel d’Hiv de 1942, où plus de 13 000 Juifs furent arrêtés.
La défense de Klarsfeld
Face aux critiques, Klarsfeld a tenté de clarifier ses propos, affirmant que le terme "rafle" devait être mis en perspective avec son sens dans le dictionnaire, déconnecté de son histoire tragique. "Il suffit de se rapporter au dictionnaire", a-t-il déclaré sur X.
Juriste de 60 ans, Klarsfeld est reconnu pour son engagement dans la défense des droits des descendants de déportés. Cependant, ses récentes propositions soulèvent des inquiétudes sur les dérives potentielles de son discours dans un climat politique déjà tendu.
À la veille de la commémoration des 81 ans de la libération d'Auschwitz, ces déclarations rappellent la nécessité d'une vigilance constante contre la banalisation du langage qui évoque des périodes sombres de l’histoire.







