Annonay, en Ardèche, fait parler d'elle avec sa décision récente d'armer ses policiers municipaux de pistolets semi-automatiques, des modèles Luger de type 9 mm. Quatre membres du corps de police, sur un total de huit, ont déjà terminé leur formation obligatoire, tandis que les autres agents suivront bientôt le même parcours.
Romain Leborgne, directeur général des services de la Ville et de l'Agglomération, souligne que cette évolution s'inscrit dans un processus progressif entamé en 2020. "Nous avons d'abord équipé nos policiers de bâtons, puis de bombes lacrymogènes en 2022 et, en 2024, ils bénéficieront de caméras piétons", explique-t-il. La décision préfectorale permettant l'utilisation d'armes de service a été prise en juillet 2025 et leur mise en pratique a été effectuée jusqu'à présent.
Les policiers en quête de sécurité
Simon Plénet, maire sortant et candidat à sa réélection, affirme que "c'était une demande des agents". Il justifie ce choix par l’évolution des missions assignées aux policiers municipaux, notamment la nécessité d’effectuer des interventions dans des lieux considérés comme dangereux. "Nos agents doivent se sentir en sécurité lors de leurs missions, surtout lorsque des situations à risque, comme des séances de levée de doute, se présentent", ajoute-t-il.
Marc-Antoine Quenette, représentant des Républicains, critique cette mesure qu'il qualifie de tardive : "Cela arrive avec dix ans de retard pour la police d'Annonay. Le maire fait cela en fin de mandat, comme une excuse pour les Annonéens". Il insiste sur l'importance de la sécurité en tant que politique à déployer constamment.
À l'inverse, Mohamed Guennif, candidat de La France Insoumise, remet en question la pertinence de l'armement des policiers. "L'Ardèche fait partie des départements les plus sûrs de France. Il est crucial de ne pas laisser la police prendre des missions qui devraient revenir à l'État", déclare-t-il. Pour sa part, Michèle Gaillard de Lutte Ouvrière ne s'oppose pas directement à cette mesure, mais la considère comme "une fausse solution à un faux problème".
Alors qu'Annonay explore ces nouvelles mesures de sécurité, les avis divergent, marquant le débat politique local autour de la sécurité publique et du rôle de la police municipale. Les prochaines élections pourraient influencer les orientations stratégiques en matière de sécurité dans la ville.







