Actuellement, les alliés du Kremlin traversent des périodes tumultueuses. C'est en ces termes que le gouvernement ukrainien, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha, a évoqué la situation. “Assad, Maduro et maintenant Khamenei. Poutine a perdu trois de ses ‘plus proches amis’ en moins d'un an, sans leur venir en aide”, a-t-il souligné, comme rapporté par l’agence de presse Ukrinform.
Selon Sybiha, les évènements récents témoignent que “la Russie n'est pas une alliée fiable, même pour ceux qui en dépendent”. Il souligne par ailleurs que les frappes israélo-américaines illustrent l’effritement de l'influence russe sur la scène internationale :
“Tant que la Russie s’enlise dans sa guerre insensée contre l'Ukraine, une guerre qu'elle ne peut pas gagner, son influence continuera de décliner.”
Le ministre exprime son enthousiasme pour ce “jeu de dominos des dictateurs renversés”, affirmant que “la chute de Poutine est inéluctable”.
En Ukraine, peu de voix se font entendre pour pleurer la chute du régime iranien. Mykola Kniajytskyi, éditorialiste et homme politique, sur le site de la chaîne Espresso, a rappelé que “l'Iran fait partie de la coalition anti-occidentale, aux côtés de la Russie et de la Chine”. Les Ukrainiens ne pardonnet pas aux Iraniens leur support à la Russie dans son agression. “L'affaiblissement de l'Iran est bénéfique pour l'Ukraine”, puisque “ce pays a fourni des drones Shahed à Moscou, contribuant ainsi à frapper des villes et des civils en Ukraine.”
Le jeu dangereux des grandes puissances
L’analyste Serhiy Foursa, dans un article pour le quotidien Vyssokiy Zamok, a exprimé ses préoccupations, affirmant que l'Iran est un “régime cannibale, collaborant avec la Russie dans le massacre d'Ukrainiens”. Évoquant les frappes américaines, il exprime un sentiment de satisfaction chez les Ukrainiens, déclarant que “la vengeance est agréable”.
Andriy Sentchenko, député et ancien membre du gouvernement de Crimée, partage l'idée que “l'affaiblissement des capacités militaires iraniennes réduit la capacité de la Russie à mener sa guerre contre l’Ukraine.” Cependant, il met en garde :
“Si les puissances mondiales commencent à négocier, elles peuvent contraindre des pays plus faibles à accepter des décisions désavantageuses.”
Il craint que Trump, fort de succès militaires, ne pousse l’Ukraine à des concessions désavantageuses face à Moscou.
Plus de Shahed dans le ciel ukrainien ? Un mythe
Serhiy Foursa a également averti que les opérations en Iran pourraient avoir un coût pour l'Ukraine. Premièrement, elles pourraient faire grimper les prix du pétrole, ce qui permettrait à la Russie d’augmenter ses revenus pour financer sa guerre. “Cette attaque,” dit-il, “pourrait engendrer une hausse des prix, renforçant ainsi la capacité de Moscou à mener ses opérations.”
Ensuite, il souligne : “L'Iran riposte”, même si ses moyens sont limités. Il lance des missiles vers Israël et d'autres alliés américains, épuisant les réserves de systèmes de défense essentiels pour l'Ukraine. Concernant l’avenir des drones Shahed utilisés par la Russie, Foursa déclare : “C’est un mythe que la chute du régime iranien diminue leur nombre. La production nationale russe des drones a déjà commencé.”







