Les maires écologistes en danger : avenir incertain pour Strasbourg à Bordeaux

Les maires écologistes font face à de grandes incertitudes aux prochaines municipales.
Les maires écologistes en danger : avenir incertain pour Strasbourg à Bordeaux
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, le 8 décembre 2025 - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Après le coup d'éclat des dernières élections municipales, l'avenir des maires écologistes semble compromis. En pleine désunion de la gauche, ils doivent faire face à de vives critiques et à un contexte national tendu.

À la suite de la vague verte de 2020, les écologistes semblent en résistance à l'approche des élections municipales de mars. Grâce à la dynamique impulsée par Yannick Jadot aux européennes, ils avaient acquis plusieurs grands sièges municipaux, de Lyon à Strasbourg. Cependant, une pénurie de résultats probants pourrait influencer le verdict des électeurs.

"Nous avons un véritable enjeu à prouver notre capacité à gouverner. Malheureusement, et pour diverses raisons, ça ne semble pas si prometteur dans la perspective de ces élections", confie un proche de la direction du parti sous Marine Tondelier.

Des maires aux destins incertains

À Lyon, le maire Grégory Doucet fait face à la concurrence rude de Jean-Michel Aulas, ancien président de l'OL, selon un sondage Elabe de BFMTV, où Aulas totalise 43% des voix contre 29% seulement pour Doucet. À Strasbourg, Jeanne Barseghian est également menacée, tandis que Poitiers s'inscrit dans un climat d'incertitude.

La situation semble légèrement plus sereine à Bordeaux, où Pierre Hurnic envisage un retour au pouvoir. Éric Piolle à Grenoble, qui ne se représente pas, place sa confiance en Laurence Ruffin, jugée en bonne forme pour l'emporter.

Le constat est amer pour le parti écologiste : une étude de la Fondation Jean-Jaurès évoque les motifs multiples de l'effondrement de leur emprise politique, allant des tensions internes à un retour en arrière sur les questions environnementales.

Des controverses à répétition

Les municipales de 2026 mettent en exergue les polémiques qui ont ébranlé les maires écologistes. Grégory Doucet a critiqué le Tour de France, le qualifiant de "machiste et polluant", entraînant ainsi une onde de choc chez les commerçants qui vitupèrent contre l'impact économique de tels propos. De même, les subventions liées à l'aérien à Poitiers ont suscité une véritable levée de boucliers.

"Nous avons peut-être perdu notre focus sur des actions concrètes, noyés sous le bruit médiatique. Nous devons clairement nous recentrer sur nos succès locaux", souligne un élu écologiste.

Réalisations contradictoires

Les maires écologistes entament leur campagne avec des bilans à justifier. À Lyon, Doucet met en avant une réduction de 11% des particules fines, tandis qu'à Strasbourg, Barseghian avec ses 100 chantiers cyclables, positionne la ville en tête des références nationales. Pourtant, ces initiatives se heurtent à des critiques croissantes sur les dépenses et l'efficacité de production.

La question de la sécurité, un paradoxe à résoudre

Le cas du maire de Bordeaux, Pierre Hurnic, soulève des interrogations. En apparence, il émerge comme une figure plus stable par rapport à ses homologues. Reconnu pour son image de fermeté sur la sécurité, il a néanmoins dû s'adapter aux exigences de la situation locale en augmentant les ressources allouées au secteur.

Marine Tondelier, quant à elle, insiste sur le fait qu’en matière de sécurité, ils ne seront pas en reste face à leurs rivaux de droite, rappelant que les coupes budgétaires historiques en matière de sécurité ne viennent pas de leur camp.

À la croisée des chemins

Le recul imminent des écologistes aux élections 2026 pourrait être perceptible non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans des bastions où leur force semblait indiscutable. À Lille, l'écologiste Stéphane Bally avait frôlé l'exploit en 2020, mais les derniers sondages le placent largement derrière, tandis qu'à Toulouse, la lutte a été serrée sans résultat probant.

"Il semble que nous peinons à aller au-delà de notre base électorale habituelle. Nos résultats électoraux récents témoignent d'un besoin urgent de renouvellement", conclut un sénateur écologiste.

Alors que les écologistes font face à des défis majeurs à l’approche de ces municipales, les enjeux sont plus que jamais cruciaux. Peut-être le temps est-il venu de repenser leur stratégie ?

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