Les nouvelles alarmantes diffusées par Mediapart au sujet de Quentin Deranque plongent l’Assemblée nationale dans une situation délicate. Ce militant d’extrême droite a perdu la vie le 12 février à Lyon, victime d’une agression violente par un groupe d’antifascistes. Moins d’une semaine plus tard, une minute de silence a été observée en son honneur au Palais-Bourbon. Cependant, les récentes révélations mettent en lumière des milliers de messages manifestement racistes et antisémites, ainsi qu’une glorification du fascisme, publiés par Deranque sur le réseau X durant les deux dernières années.
« Je soutiens Adolf »
Parmi les propos scandaleux relevés, on peut lire : « Moi je soutiens Adolf, mais chacun son truc » et « On veut le fascisme ». Bien que son identité ne soit pas directement mentionnée dans les comptes en question, un proche de Quentin Deranque a confirmé au Figaro qu'il était effectivement l'auteur de ces messages et qu'il en avait connaissance avant leur publication.
Ce climat met en lumière les questions entourant l’hommage rendu le 17 février. Ce jour-là, tous les députés et ministres se sont levés pour observer une minute de silence, décision prise par la conférence des présidents, à l’initiative d’Éric Ciotti, chef des députés UDR et allié du RN, dans un contexte d’émotion après sa mort.
« Bien évidemment choquant »
En réponse à ces découvertes, l’entourage de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a exprimé son consternement, soulignant que la minute de silence visait surtout à signifier le rejet de la violence, et non à soutenir les idées polémiques de Deranque. Des responsables de gauche, pour leur part, affirment la nécessité de distinguer la condamnation d’un meurtre et le soutien à une idéologie extrême.
En démocratie, le débat politique ne doit jamais entraîner la mort de quiconque. Que la droite et l’extrême droite s’efforcent de transformer en héros un néonazi est une honte. Quentin Deranque a été victime, mais il ne peut pas être glorifié.
— Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste
Olivier Faure a insisté sur le fait que « Quentin Deranque a été une victime, mais il ne sera jamais un héros ». Éric Coquerel, député insoumis, a également reconnu que la réponse de son groupe aurait très probablement été différente si ces informations avaient été connues à l'époque.
En revanche, certains acteurs de droite et d'extrême droite ont choisi de rester silencieux face à ces révélations. Des figures politiques qui avaient précédemment célébré Deranque comme un symbole n’ont pas donné suite aux demandes des médias.
Ces événements ravivent les tensions politiques autour de sa mort. Bien que son agression soit unanimement condamnée, les nouvelles sur ses valeurs radicales compliquent désormais le récit que certains tentent de construire autour de sa mémoire.







