François Cuillandre, le maire socialiste de Brest, se trouve dans une position délicate à l'approche du second tour des élections municipales. Après avoir terminé deuxième lors du premier tour, et avec un score de 23,8 % des voix, il a annoncé une alliance avec La France Insoumise (LFI). Ce partenariat, décrit comme une « fusion technique », a pour objectif de consolider les forces de gauche face à Stéphane Roudaut, le candidat divers droite, arrivé en tête avec 30,2 % des suffrages.
« La gauche demeure majoritaire à Brest, dans toute sa diversité », a affirmé Cuillandre lors d'une conférence de presse aux côtés de Cécile Beaudouin, la tête de liste LFI. Cette démarche fait écho à celles observées dans d'autres villes comme Toulouse et Nantes, soulignant une tendance nationale des alliances entre partis de gauche pour contrer la montée de la droite.
LFI, sous la houlette de Beaudouin, a connu une nette progression par rapport aux précédentes élections, obtenant 15,4 % des voix, un résultat plus que double par rapport à 2020. Pour Cuillandre, qui aspire à un cinquième mandat, cette union pourrait bien être la clé pour inverser la tendance et remporter le second tour, prévu dans quelques jours.
Une fusion sous tension
Cécile Beaudouin a précisé la nature de cette fusion, indiquant qu'elle ne serait pas programmatique. « LFI agira comme une vigie dans cette nouvelle municipalité », a-t-elle déclaré, soulignant que son parti ne siégera pas à l'exécutif, mais disposera d'un groupe autonome au conseil municipal.
Cette alliance suscite déjà des controverses, notamment de la part de Stéphane Roudaut, qui a dénoncé ce partenariat comme une manœuvre de « honte et de déshonneur » pour Cuillandre. L'ex-président François Hollande a également exprimé ses réserves, appelant à une mobilisation des électeurs de gauche qui ne se traduirait pas par des alliances avec LFI, un sujet qui a souvent été une pierre d'achoppement au sein du PS.
Longtemps opposé à une telle alliance, François Cuillandre doit composer avec les attentes de ses électeurs. Selon un sondage réalisé par Cluster 17 pour Les Écologistes, 75 % des Brestois auraient préféré ne pas le voir se représenter. En effet, il a essuyé les critiques pour avoir « brigué le mandat de trop », une réalité amplifiée par son pire score au premier tour depuis son entrée en politique en 2001.







