Selon l'association Prosane, les interventions professionnelles en matière de dératisation, désinsectisation et désinfection ont connu une hausse significative de 8 à 10 % ces dernières années. Cette tendance, remarquée depuis 2020, souligne la nécessité d'une approche proactive et coordonnée face aux défis apportés par les espèces invasives, exacerbés par le réchauffement climatique.
« Le moustique traditionnel n’était qu’un désagrément. Avec l’arrivée du moustique tigre, la donne change radicalement », a noté Stéphan Bras, porte-parole de Prosane. En 2024, environ 20 000 nids de frelons asiatiques ont été détruits en France. Introduit au début des années 2000, ce prédateur s'est étendu à 80 % du territoire métropolitain. Les interventions liées au moustique tigre, présent dans 81 départements, ont également atteint près de 20 000 opérations cette même année.
Le réchauffement climatique et ses conséquences
Cette situation est exacerbée par le réchauffement climatique, comme le confirme Santé publique France. Le moustique tigre, capable de transmettre le virus du chikungunya, a fait des ravages lors d'une épidémie en 2025. « Autrefois, ces espèces ne parvenaient pas à s'établir en raison d'hivers rigoureux. Aujourd'hui, la hausse des températures leur permet de prospérer », précise Stéphan Bras. Pour lui, le moment d'agir n'est pas l'été, mais dès maintenant.
Pour faire face à cette réalité, l'association appelle à une coordination centralisée des efforts, idéalement par le ministère de la Santé. « Il est irréaliste de penser que l’on peut éliminer une espèce invasive une fois installée, mais il est possible d’en freiner l’expansion », ajoute-t-il.
Préparation et vigilance pour les particuliers
La vigilance des particuliers est également cruciale. Eric Darrouzet, expert en frelons à l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (IRBI), recommande de vérifier régulièrement les abris de jardin ou nichoirs pour déceler la formation de nids. « La présence du frelon asiatique est souvent localisée autour de ses nids, surtout en milieu urbain et périurbain », précise-t-il.
Enfin, une menace supplémentaire est à l'horizon : le triatome, une punaise capable de transmettre la maladie de Chagas. Jean-Michel Berenger, entomologiste médical à l'IHU Méditerranée Infection de Marseille, souligne la nécessité de former les professionnels pour détecter cette espèce potentiellement mortelle.







