Aucune alerte n'est lancée par le gouvernement concernant une rupture d'approvisionnement en carburant. Le 1er avril, les autorités ont assuré que les stocks de pétrole restent intacts, même si les prix continuent d’augmenter. Le gazole, quant à lui, atteint des niveaux record depuis 1985, tandis que le prix du sans-plomb 95 s'établit à 2 euros le litre.
Cependant, malgré ces assurances, de nombreuses stations-service rencontrent des difficultés, avec environ 15% d'entre elles en rupture d'au moins un type de carburant selon les données récentes d'ICI. Les pénuries touchent particulièrement les stations proposant les tarifs les plus bas, attirant ainsi une forte affluence de conducteurs dans la métropole nantaise.
Durant la période du 31 mars au 1er avril, à Saint-Sébastien-sur-Loire, plusieurs automobilistes ont trouvé leurs réservoirs vides en raison d'une panne d'approvisionnement. Hélène, une conductrice explique : "L'écran ne me proposait que du gazole, c'est décevant ! Je suis venue ici car c'est l'une des stations les moins chères." Un autre automobiliste, Jean-Yves, partage son inquiétude : "Ma femme a dû mettre du sans-plomb 98 à la place du 95. J'ai pris les devants et rempli des bidons de gazole, même si le gouvernement assure qu'il n'y a pas de pénurie."
En cause : surconsommation, gestion des prix par les magasins et retards de livraisons
Le manque de sans-plomb conduit aussi à des situations critiques. Chantal, qui espérait faire un plein préventif, a eu de la chance : le livreur de carburants, Valentin, venait juste d'apporter 25 000 litres d'essence. Ce dernier explique que les ruptures peuvent être dues à la gestion des prix par les magasins qui choisissent d'acheter au meilleur tarif, retarder certains approvisionnements, et à une surconsommation exacerbée par des ruptures chez des fournisseurs concurrents. "Il y a une gestion des prix qui fait que certains fournisseurs, comme Total, épuisent rapidement leurs stocks, amenant les clients à se ruer sur le magasin le moins cher et le plus proche,' déclare-t-il.
Néanmoins, Valentin tempère : "Je ne parle pas de pénuries, mais de retards de livraisons. Les stocks sont suffisants, ce sont des délais d'approvisionnement ; nous avons simplement été débordés en raison de la surconsommation et des heures supplémentaires que nous avons dû faire." Il conclut en affirmant que ces désagréments pourraient être largement évités si les automobilistes ne cédaient pas à la panique.







