Environ 70 agriculteurs de la Coordination rurale, tant des Hautes-Pyrénées que des Pyrénées-Atlantiques, ont participé ce mardi 14 avril 2026 à une importante opération de nettoyage au rond-point de Séméac, près de Tarbes. Ce site avait été le théâtre de manifestations en décembre et janvier derniers, durant lesquelles 200 tonnes de déchets avaient été déversées pour protester contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Des pneus, bottes de paille, fumier et autres déchets verts ont été rassemblés sur le site. Le syndicat agricole a pris l'initiative de nettoyer la zone, espérant ainsi apaiser les tensions avec les autorités en échange du retrait des plaintes déposées par le département et la préfecture. Christophe Gaillat, vice-président de la Coordination rurale, a exprimé son souci du détail : "On trie, on veut faire du bon travail, tant qu'à travailler. Ce qui est regrettable, c'est que certains déchets ont été mélangés par les agents du conseil départemental, rendant le tri difficile".
Depuis la mobilisation, le site a également vu de nouveaux dépôts sauvages apparaître. "Certains visiteurs ont profité de la situation pour abandonner leurs déchets, et cela ne provient pas de l'ensemble du monde agricole", souligne un agriculteur.
Une opération dans un climat tendu
Malgré cette initiative, beaucoup d'agriculteurs regrettent d'être présents : certains y vont à contrecœur. Michel, un éleveur, a partagé son indignation : "On se sent traités comme des hors-la-loi. Aucune avancée n'est visible, et on a l'impression d'être ignorés, voire délaissés".
Ce mercredi matin, l'objectif est que le rond-point soit totalement dégagé, mais les défis restent intacts. "La crise n'est pas réglée du tout," a déclaré Sylvain Arberet, président de la Coordination rurale des Hautes-Pyrénées. "L'abattage des troupeaux continue, et cette situation est inacceptable pour nous. Nous nous sentons totalement inaudibles".
Un arrêté pris par la préfecture a interdit les manifestations d'agriculteurs, pointant "un risque de trouble à l'ordre public pour l'environnement et la santé". Les agriculteurs ont tout de même trié les déchets, avec les pneus remis à l'entreprise PSI pour traitement, tandis que d'autres déchets ont été évacués par la communauté de communes.







