Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a mis en lumière, le 22 avril 2026, la catastrophe humanitaire que subit la communauté rom sur le continent. Composée de 10 à 12 millions de personnes, cette population est l’une des plus discriminées en Europe.
« Les Roms et les gens du voyage en Europe subissent des violations généralisées de leurs droits humains », a alerté O’Flaherty. Son rapport, présenté aux pays membres, soulève des problématiques d'inégalités et de discriminations persistantes. Depuis sa prise de fonction en avril 2024, O’Flaherty s’est engagé à sensibiliser le public sur ces injustices, notamment à travers son ouvrage Les 12 millions ignorés, publié par le Conseil de l’Europe.
En 2014, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a souligné que les Roms faisaient face à une marginalisation séculaire. Cette situation touche tous les aspects de leur existence quotidienne, révèlent plusieurs études, y compris celle de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE qui indique qu’en 2024, 17 % des Roms manquent d’accès à l'eau courante dans leur logement.
En France, le manque de recensement exact complique l’évaluation de leur nombre, estimé entre 300 000 et 500 000 personnes. La définition du terme « Roms », adopté par l’Union romani internationale, englobe de nombreux groupes dits tsiganes, ce qui rend la situation encore plus complexe.
Obstacles aux droits
Claire Hédon, défenseure des droits, a signalé, dans son rapport de 2021, que les droits fondamentaux des Roms sont souvent « entravés ». Elle indique que l'absence d'une domiciliation stable nuit à l'accès aux services essentiels. Environ 20 000 Roms vivent en bidonvilles en France, faisant face à des expulsions régulières, souvent sans solution de relogement, ce qui engendre un « nomadisme forcé ».
Par ailleurs, l’absence d’infrastructures de base, comme l’accès à l'eau ou l'électricité, entraîne des conditions de vie déplorables. Ces facteurs, couplés à des préjugés ancrés chez la population, aggravent la stigmatisation des Roms. Une étude de 2022 a révélé que 60 % des Français perçoivent les Roms comme un groupe social marginalisé.
Créer une « obligation européenne »
Dans sa stratégie pour 2026-2030, publiée en début d'année, le Conseil de l’Europe appelle à une action collective pour promouvoir les droits des Roms. Il insiste sur la nécessité de combattre les stéréotypes et de favoriser une réelle participation des Roms à la vie publique. La gouvernance démocratique doit être renforcée, tout comme les droits à l'éducation, à l'emploi et à la santé.
En conclusion, le Conseil de l’Europe exhorte les États à garantir des droits égaux et à respecter les normes juridiques existantes afin de faire de la protection des Roms une « obligation européenne commune ». La voix des Roms doit être entendue pour construire un avenir inclusif et respectueux pour tous.







