A l'approche de l'examen de la loi d'urgence agricole par une commission parlementaire, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Vienne ont remis sept amendements aux parlementaires locaux lors d'un rencontre à Senillé-Saint-Sauveur, près de Châtellerault, le 27 avril. Parmi les préoccupations majeures, la gestion de l'eau, devenue cruciale, figure en tête des débats.
"Il n'y a pas le choix, il faut arroser!"
La ressource en eau s'épuise, un phénomène déjà visible dès ce mois d'avril, où le Poitou rencontre un début de sécheresse notable. Christophe Puisais, secrétaire général de la FNSEA de la Vienne, observe cette évolution alarmante. "Les agriculteurs commencent à arroser leurs cultures tôt dans la saison, notamment les blés, les petits pois et même le colza, ce qui est inhabituel. Si la situation continue, des restrictions d'eau de la part de l'Etat deviendront probablement nécessaires," explique-t-il. Pour de nombreux agriculteurs, le manque d'eau met en péril la récolte, rendant l'irrigation indispensable.
"Sans eau, il n'y a pas d'agriculture"
La gestion des ressources en eau est donc une question essentielle à laquelle les représentants agricoles demandent une attention rapide de la part des décideurs. Aurélie Fleury, présidente de la FNSEA 86, résume bien la situation : "Sans eau, il n'y a pas d'agriculture. Il faut qu'on nous donne enfin les moyens de stocker l'eau pour assurer notre avenir." Cette revendication, bien que pressante, n'est pas sans obstacles.
De petites réserves plutôt que des mégabassines
Le député Sacha Houlié insiste sur les défis logistiques et réglementaires liés à la création de nouvelles infrastructures de stockage. Il souligne : "Les projets de bassines nécessitent une consultation minutieuse et ne progresseront pas rapidement. Nous devons viser des réserves plus petites, respectant la qualité et la quantité d'eau." En leur rappelant que l'agriculture doit être une solution pour la souveraineté alimentaire, les agriculteurs revendiquent un équilibre entre protection de l'environnement et production alimentaire. Ils attirent l'attention sur la nécessité urgente d'adapter les politiques de gestion de l'eau pour garantir un avenir agricole viable.







