Dans un rapport publié le 29 avril, l'Observatoire français des drogues et des pratiques addictives (OFDT) révèle une tendance alarmante chez les lycéens : l'utilisation quotidienne de la cigarette électronique a plus que doublé au cours des six dernières années. En parallèle, la consommation de tabac a chuté de manière significative.
Dessinée comme une alternative pour se désengager du tabac, la cigarette électronique jouit d'une popularité croissante parmi les adolescents français. Selon l'étude de l'OFDT, 6,8 % des lycéens affirment utiliser quotidiennement une cigarette électronique en 2024, en hausse par rapport à 2,8 % en 2014, soit une augmentation de 4 points.
L'OFDT souligne que, malgré une diminution de la consommation de tabac, les jeunes sont attirés par ces dispositifs en raison d'un « marketing orienté vers les adolescents ». Cette dynamique est notamment alimentée par l'émergence des puffs, cigarettes jetables qui sont désormais interdites depuis 2025 en France mais qui continuent d'être distribuées illégalement.
Les lycéens professionnels plus concernés
L'enquête souligne également que les puffs ont joué un rôle majeur dans l'expérimentation de la cigarette électronique. En effet, 85,5 % des lycéens ayant testé l'e-cigarette ont expérimenté les puffs. En 2014, 35,1 % des lycéens en avaient consommé au moins une fois ; dix ans plus tard, ce chiffre monte à 46 %, marquant une hausse de 10,9 points. Les données indiquent que les filles sont plus enclines à cette expérimentation, affichant un chiffre de 48,7 % en 2024 contre 43,2 % chez les garçons.
Par ailleurs, l'OFDT met en avant une distinction notoire entre les lycées professionnels et ceux de l'enseignement général et technologique (LEGT). En 2024, 11,1 % des lycéens professionnels admettaient fumer quotidiennement la cigarette électronique, contre 5,3 % chez leurs homologues du parcours général et technologique. Bien que l'expérimentation augmente également dans les LEGT, passant de 34,2 % en 2014 à 41,5 % en 2024, les lycées professionnels restent particulièrement touchés, atteignant un taux de 58,7 % d'expérimentation.
Bien que cette étude mette en lumière une tendance inquiétante à l'augmentation de l'usage des cigarettes électroniques chez les jeunes, elle note également une baisse significative de l'expérimentation parmi les collégiens. En 2014, 26,8 % d'entre eux avaient essayé la cigarette électronique, contre 19 % dix ans plus tard. En parallèle, l'OFDT observe une baisse conséquente de la consommation de tabac, qui est passée de 15,5 % des lycéens en 2018 à seulement 2,9 % en 2024.







