Entre 1 000 et 2 000 manifestants se sont rassemblés à Pau pour célébrer la Fête du travail, avec la récente réforme du gouvernement Lecornu en point de mire.
« Le 1er mai ne se vole pas, il se défend », lançaient en cœur les participants, sensibles aux enjeux de cette date emblématique. La proposition de loi, qui permettrait aux artisans boulangers et fleuristes de faire travailler leurs employés ce jour-là, a été un sujet de grande contestation. Bien que d'autres revendications, tel que le relèvement de l'âge de départ à la retraite et l'augmentation des salaires soient également exprimées, c'est cette législation introduite au Sénat le 29 avril par le Premier ministre qui cristallise les tensions.
Pour Franck Hialé, secrétaire régional du syndicat Unsa, cette mesure est une atteinte aux droits des travailleurs. « On attaque les droits des travailleurs en mettant en avant le principe de liberté, je trouve cela scandaleux », s'insurge-t-il. Il critique une approche jugée libérale qui remet en question ce qui devrait être un droit acquis.
Guy Esquerre, secrétaire générale de l'union locale de Pau, partage son inquiétude en affirmant : « Cela commence par les boulangers et les fleuristes, mais nous craignons que ça ne s'étende aux grandes surfaces, et ensuite à toute l'industrie ». Sa mise en garde trouve un écho particulièrement pertinent dans le contexte des récents décès sur le lieu de travail. Un employé du bâtiment a récemment enregistré un décès à Laruns, portant à trois le nombre de morts dans le département depuis le début de l'année. « En France, il y a entre 700 et 800 morts au travail chaque année, et nos politiques ne bougent pas », déplore-t-il.
Les syndicats, tels que la CGT, la CFDT et Solidaires, ont tous appelé à la mobilisation pour cette journée, mettant en avant les problématiques de travail dignes, de sécurité et de conditions de vie. Les manifestants ont parcouru le centre-ville, de la place Verdun, rendant visible leur mécontentement face aux politiques actuelles jugées défaillantes.







