Un homme de 72 ans a été jugé et condamné par le tribunal judiciaire de Bayonne à une amende de 1 000 euros avec sursis. En mai 2025, il a tiré sur un vautour fauve, une espèce protégée, à Briscous. Ce tir a suscité une grande indignation, soulignant la fragilité de certaines espèces menacées en France.
Les enquêteurs de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ont découvert le vautour mort et confirmé que la mort de cet animal n'était pas due à des causes naturelles. La LPO rappelle que le vautour fauve, bien que parfois mal compris par les agriculteurs, n'attaque généralement pas d'animaux en bonne santé.
Tir d'effarouchement ou méprise fatale ?
Le 23 mai, l'homme a observé plusieurs vautours près de son troupeau de brebis et a estimé nécessaire d’effectuer un tir d’effarouchement. Malheureusement, il a utilisé une carabine de chasse, une arme conçue pour abattre des animaux de plus grande taille comme le sanglier. Ce choix a conduit à la mort du vautour, un acte illégal selon la législation sur la protection des espèces.
Le tribunal a noté que le tir s’est produit en pleine journée, en présence de promeneurs, présentant ainsi un risque pour la sécurité publique. L'association Hegalaldia, qui défend la faune sauvage, a été constituée partie civile. Son avocate, Me Cloé Irigoin-Carricaburu, a évoqué la nécessité d'une sensibilisation sur les mythes entourant ces oiseaux, jugés nuisibles par certains.
Les craintes et la réalité
Pour sa part, l’avocate de l’accusé, Me Valérie Chauvelier, a fait valoir que son client pouvait raisonnablement craindre pour ses brebis. En effet, des attaques de vautours sur des animaux faibles ou malades ont été rapportées, bien que cela ne soit pas représentatif du comportement général de l'espèce. L'accusé a exprimé des regrets profonds lors de son procès, affirmant qu'il n'avait jamais eu l'intention de tuer l'oiseau.
À l'issue de la délibération, l'homme a été condamné à une amende avec sursis et à verser 750 euros de dommages et intérêts aux parties civiles. Cette affaire ravive le débat sur la coexistence entre l'agriculture et la protection de la biodiversité, essentiel dans un pays comme la France où la faune sauvage est de plus en plus menacée.







