Cette question suscite des débats : le barbecue est-il réservé aux hommes, un symbole de virilité ? Pourtant, des femmes s'emparent de la pince et se réapproprient cette tradition culinaire.
Ce texte reflète une partie d'un reportage sur cette thématique. Pour voir l'intégralité, cliquez sur la vidéo ci-dessous.
Ne dites pas à Amalia Fuentes Simon que le barbecue est une affaire d'homme. Armée de sa spatule, elle est aux commandes du grill, quel que soit le temps, chaque week-end. "Pour nous, pas de question de météo : c'est barbecue tout le temps. Même en hiver, tant qu'il ne pleut pas !" Il y a trois ans, elle a acheté un barbecue pour son mari à l'occasion de la fête des pères, mais c’est elle qui en a pris les rênes. Son mari admet s'occuper "des coupes de légumes et du rangement".
Des femmes se forment au grill
CÔTES DE BOEUF, BROCHETTES... Dans l'univers du barbecue, la maîtrise de la cuisson est primordiale. "Allumer un barbecue est simple, donc ce n'est pas réservé aux hommes, ça c'est sûr !" affirme Amalia. Elle cuisine aujourd'hui pour cinq, soutenue par Alain, son mentor et professeur de barbecue. "Dans nos cours, environ 10 % des participants sont des femmes. Il est courant que des femmes offrent des cours de barbecue à leurs compagnons. Mais celles qui participent, comme Amalia, s'y investissent et souvent surpassent les hommes, car en cuisine, elles ont souvent un avantage", ajoute Alain Crivelli, chef spécialisé.
Plus performantes, peut-être, mais la braise est-elle toujours exclusivement masculine ? Sur les réseaux sociaux, certaines femmes, comme Blondie, créatrice de contenus, montrent avec fierté leurs compétences au barbecue. Elle possède plus de 100 000 abonnés et cuisine des recettes uniques tout en réalisant des démonstrations pour diverses marques. "Malgré le public principalement masculin, j'ai souvent fait face à des remarques sexistes. Les hommes ont tendance à me conseiller, pensant que je ne maîtrise pas mon barbecue. Pourtant, j'ai autant de légitimité qu’eux !" raconte Laure (Blondie).
Des idées reçues qui persistent
Chaque année, plus de 30 000 personnes se rendent à un salon dédié au barbecue, représentant plus de 80 % d'hommes. Les rares femmes présentes ajoutent avec humour : "C'est souvent les hommes qui cuisinent ici, nous babysitons les marinades !" Une autre ajoute : "C'est vrai que traditionnellement, les hommes sont en charge du barbecue, c’est un moment où les femmes peuvent se détendre". Un homme essaie de justifier ce phénomène en notant : "Les femmes n'aiment pas l'odeur de la fumée, c'est désagréable."
Pour certains fabricants, ces stéréotypes se transforment même en arguments de vente. Un modèle au gaz coûte en moyenne 850 euros, contre 250 euros pour un barbecue traditionnel au charbon. "Les barbecues au charbon sont souvent perçus comme masculins en raison de l’aspect flamme. Par contre, les modèles à gaz fonctionnent comme une gazinière classique : on tourne le bouton et voilà, le barbecue est prêt. Cela plaît davantage aux femmes car on réduit la complexité et la peur d’une manipulation trop technique", explique Pierre-Yves Gibut, directeur marketing chez Weber France.
Un sondage révèle que près d'un homme sur deux pense maîtriser le barbecue mieux qu'une femme, ce qui rend la lutte contre ces clichés d'autant plus difficile.







