Après une première tentative infructueuse mi-avril, le palais de l'Elysée a été perquisitionné jeudi dans le cadre des investigations sur les cérémonies d'entrée au Panthéon, soulignant l'importance de cette affaire qui rappelle les tensions de l'affaire Benalla en 2018.
Le Parquet national financier (PNF) a confirmé à l'AFP que des opérations ont eu lieu le 21 mai concernant les conditions d'attribution de certains marchés publics liés à l'organisation de ces célébrations par le Centre des monuments nationaux (CMN). Cette information, relatée par Le Monde, démontre une volonté d'éclaircir des zones d'ombre.
Interrogé sur ces événements, l'Elysée a décliné tout commentaire, laissant planer le doute sur les véritables enjeux de cette enquête.
Lors de la première tentative de perquisition en avril, les enquêteurs du PNF n'avaient pu accéder au palais, citant des ambiguïtés juridiques selon l'article 67 de la Constitution, qui protège le président contre certaines poursuites. Ce dernier stipule que le président n'est généralement pas responsable de ses actes durant son mandat et ne peut être contraint à témoigner.
Ce contexte a suscité l'inquiétude et desdits échanges institutionnels pour faciliter la perquisition. Le PNF a souligné que les documents non liés aux fonctions présidentielles, mais détenus par les agents de l'Élysée, seraient remis sur demande.
Démarrée en octobre 2025, cette enquête judiciaire se concentre sur des charges telles que le favoritisme et la prise illégale d'intérêt, au cœur des conditions d'attribution des marchés publics pour les cérémonies de panthéonisation.
Le Canard Enchaîné, qui a révélé cette affaire, avance des soupçons concernant la société Shortcut Events, choisie pour organiser ces cérémonies pendant plus de deux décennies, jusqu'à l'hommage à Missak Manouchian en 2024. Chaque célébration aurait coûté à l'État environ 2 millions d'euros, un détail soulignant l'enjeu financier derrière ces choix.
Shortcut Events, également impliquée dans plusieurs grands événements, tels que le 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach, a été accusée d'exploiter la situation à son avantage, surtout sous la présidence d'Emmanuel Macron, avec des appels d'offres remportés systématiquement, selon les révélations de Le Monde.
En 2025, le CMN a attribué à une autre agence, Auditoire, l'organisation de la cérémonie d'entrée de Robert Badinter au Panthéon, ce qui a mis un terme à la série de contrats accordés à Shortcut Events, soulevant encore plus de questions sur les pratiques passées.
L'enquête, menée par la Brigade financière et anticorruption de la police judiciaire parisienne, a démarré avec des investigations préliminaires dès décembre 2023. Elle met en lumière les enjeux de transparence et d'intégrité au sein des institutions françaises.
Il est important de rappeler que la dernière perquisition à l'Elysée remonte à juillet 2018, dans le cadre de l'affaire Benalla, marquant un tournant dans l'histoire politique récente de la France. Alexandre Benalla, ancien collaborateur du président, a été condamné à un an de prison ferme pour des faits de violences, rappelant les conséquences lourdes des affaires de corruption dans la classe politique française.







