Le tribunal de Rennes a ouvert mardi les débats concernant neuf individus accusés d'être impliqués dans la tentative d'assassinat d'un blogueur azerbaïdjanais dissident, réfugié en France, avec un dispositif de sécurité renforcé.
Me Henri Carpentier, représentant Mahammad Mirzali, a souligné que ce procès ne concerne pas seulement l'agression survenue en mars 2021 à Nantes, mais illustre également la lutte pour la liberté d'expression face à des régimes autoritaires, comme celui d'Azerbaïdjan.
Les accusés, d'origine azerbaïdjanaise, rejettent les accusations qui pèseraient sur eux. Les véritables instigateurs de cette tentative d'assassinat seront au centre des discussions, qui devraient se prolonger jusqu'au 12 juin.
Des mesures exceptionnelles ont été mises en place pour assurer la protection de M. Mirzali et de la juridiction, qui est exclusivement composée de magistrats professionnels. Ce matin, des gendarmes ont procèdé à des contrôles d'identité stricts autour du Parlement de Bretagne, où se déroule le procès.
De manière inhabituelle, même les avocats ont dû passer par un portique de sécurité, avec leurs sacs soumis aux rayons X, comme l'a rapporté un journaliste de l'AFP. Des cabines de traduction ont été installées pour faciliter la communication, avec des traductions en français, azéri, turc et géorgien.
Mahammad Mirzali, âgé de 32 ans et critique fervent du président Ilham Aliev, vit sous une protection policière constante. Après avoir été gravement blessé par une quinzaine de coups de couteau en mars 2021, il est reconnaissable par une cicatrice frappante sur sa nuque, et il était accompagné de gardes du corps lors des audiences.
Bien qu'il aborde ce procès avec une certaine satisfaction, M. Mirzali ressent également une forte anxiété. Son avocat, Me Carpentier, a exprimé sa préoccupation quant à la persistance des menaces après le procès, affirmant que ce ne sont pas seulement les individus ciblés qui sont en danger, mais les révélations sur les scandales qu'ils exposent.
Les commanditaires présumés n'ont pas encore été formellement désignés, bien que Me Carpentier ait assuré que les ordres proviennent d'un niveau élevé en Azerbaïdjan. Par ailleurs, Mirzali a été condamné par contumace en 2025 à six ans et demi de prison dans son pays d'origine.
Le principal accusé, un homme dans la trentaine empruntant le nom d'Andrei Topal, pourrait en réalité se nommer Emin Qasimov, un membre d'un clan criminel rassemblant des voleurs dans la loi. Lors de l'audience, il a affirmé s’appeler "Emil Topal" et avoir un père moldave. Cependant, les détails concernant son identité restent flous.
Avec un complice, il est accusé de tentative de meurtre en bande organisée, un crime passible de réclusion à perpétuité. Un autre suspect est actuellement en fuite, et le reste des accusés est jugé pour complicité et association de malfaiteurs.







