C'est un moment historique pour la justice française : le premier procès public lié aux violences sexuelles dans le périscolaire s'est ouvert à Paris, où un animateur est jugé pour des agressions sur neuf enfants.
Âgé de 36 ans, le prévenu est entré dans la salle d'audience les traits dissimulés. À l'extérieur, des dizaines de participants ont exprimé leur colère, montrant que l'affaire touche profondément les cœurs.
Des collectifs de parents se sont rassemblés sous le soleil ardent sur le parvis du tribunal, témoignant de leur solidarité avec les enfants victimes et leurs familles. Anne, mère d'un élève à l'école maternelle Alphonse Baudin, a déclaré à l'AFP : "Nous espérons une condamnation exemplaire, car les peines sont souvent légères pour de telles atrocités."
L'établissement où l'affaire a été révélée au printemps 2025, situé dans le XIe arrondissement, a servi de catalyseur à une série de signalements dans toute la capitale. Adèle, une autre mère, a ajouté : "Le courage des parents a permis que ces voix soient enfin entendues."
Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MetooEcole, a set insistance sur l'importance de ce procès : "Ce n'est pas seulement la condamnation d'un individu, mais une question sociétale cruciale : combien d’enfants ont dû se taire ?"
David G. fait face à des accusations d'agressions sexuelles sur cinq enfants et de harcèlement sexuel envers deux animatrices, des actes survenus entre la rentrée 2024 et avril 2025.
De plus, quatre familles ont porté plainte directement contre lui pour des cas similaires, illustrant l'ampleur de l'affaire.
Suite à un signalement en avril 2025, la ville de Paris a pris la décision de suspendre immédiatement l'animateur, qui n'a pas été réintégré depuis, selon des propos rapportés par la mairie à l'AFP.
David G., qui a été placé en garde à vue en juin, continue de nier les faits, s'attachant à défendre certaines pratiques qu'il juge non problématiques selon les règles de l'animateur.
Malgré l'absence d'antécédents judiciaires, il court le risque d'une peine de dix ans de prison et d'une amende de 150 000 euros. À présent, son avocat n'a pas souhaité faire de commentaire lors de nos sollicitations.
Le signalement initial provient du directeur de l'école, suite aux inquiétudes exprimées par les parents. L'enquête menée par la brigade de protection des mineurs a recueilli des témoignages poignants, le terme "attouchements" émergeant fréquemment dans les déclarations des enfants.
Notons que la ville de Paris ne se portera pas partie civile dans ce procès, afin de reconnaître que ce sont les victimes, ainsi que leurs familles, qui souffrent de ces événements tragiques. "Cette affaire a révélé des dysfonctionnements au sein de la hiérarchie du prévenu", a souligné la mairie.
Un autre procès dans un cas similaire s’est tenu en mai, également à huis clos, où une peine de dix-huit mois avec sursis a été requise. La décision sera connue le 16 juin prochain.
Actuellement, des enquêtes pour diverses violences sont ouvertes dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches à travers Paris, tandis que trois autres procès sont prévus avant septembre.
Depuis le début de 2026, la ville de Paris a suspendu 78 de ses agents, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles. Emmanuel Grégoire, édile socialiste, a affirmé que le périscolaire est désormais une des priorités absolues de sa mandature, avec un plan de 20 millions d'euros, promettant une politique de "tolérance zéro".







