Après la participation de plusieurs personnalités, dont Dominique De Villepin, Natacha Polony, politologue et fondatrice de la revue « L’Audace ! » a partagé son analyse sur l’état du pays lors du banquet du 30 mai.
Polony a évoqué la concentration des médias et l'ignorance des réalités régionales comme facteurs aggravants de la crise. Elle a déclaré : "Il est troublant que l'idée d'une impuissance politique s'installe, comme si le choix de voter pour des partis extrêmes symptomatise un désespoir face à l'immobilisme des gouvernements successifs."
Elle a également souligné que la séparation entre dimensions économique et politique est à l'origine d'une désindustrialisation désastreuse. À cet égard, elle a proclamé : "Les gouvernements ont cru aux promesses du libre-échange sans anticiper les conséquences de cette politique sur notre souveraineté." Ceci rejoignait les préoccupations d'autres experts en économie qui avertissent des dangers de la dépendance croissante envers les importations.
Critiquant la grande distribution, Polony a noté : "Comment se fait-il que ce ne soit pas le producteur qui fixe le prix de ses biens ?" Elle a déploré la création de centrales d'achat qui vont à l'encontre de la loi Egalim, destinée à protéger les agriculteurs. "Nous devons affronter les lobbies et préserver nos producteurs face à une concurrence déloyale qui nous fragilise", a-t-elle insisté.
"Si les élites politiques continuent à sacrifier la production nationale pour préserver d'autres intérêts, nous allons droit à la catastrophe," a averti Polony.
Elle a également exprimé ses inquiétudes par rapport au Green New Deal de l'Union européenne, qui laisserait nos producteurs à la merci d'importations sans garanties de conditions équivalentes. "Nous devons restaurer notre indépendance économique," a-t-elle affirmé.
Pour conclure, Polony a raillé l'idée selon laquelle le libre-échange serait une panacée, concluant que le vrai débat doit porter sur la nature même de notre économie et la nécessité de maintenir une production locale solide. "Le véritable enjeu politique réside dans notre capacité à redonner du pouvoir d'agir aux élus, afin qu'ils puissent défendre les intérêts de la France," a-t-elle déclaré.







