Avec l'arrivée de la chaleur estivale, les plages de Gironde se retrouvent sous une pression sans précédent. Dès samedi, des maîtres-nageurs-sauveteurs ont été mobilisés en urgence pour assurer la sécurité des baigneurs, quinze jours plus tôt que prévu, afin de prévenir des incidents tragiques. Quatre noyades ont déjà été enregistrées dans le département, incitant les autorités à intensifier la surveillance.
Cette décision a des répercussions financières notables : la commune du Porge, qui compte 3 500 habitants, fait face à un surcoût de 15 000 euros, selon les déclarations de son maire, Martial Zaninetti. Néanmoins, il souligne l'importance de cet effort pour garantir la sécurité des vacanciers.
Malheureusement, durant cette semaine caniculaire, trois personnes ont perdu la vie par noyade à Lacanau, une station balnéaire voisine, et une autre à Lège-Cap-Ferret. Les victimes avaient cherché un moment de fraîcheur, mais avaient décidé de se baigner en dehors des créneaux de surveillance, comme l'a précisé Laurent Peyrondet, maire de Lacanau.
Certaines de ces noyades ont été causées par des baïnes, des courants sous-marins traîtres caractéristiques de la côte aquitaine. Yohann Tranvouez, responsable des sauveteurs au Porge, observe que sans la vigilance des locaux, baigneurs expérimentés et surfeurs, la situation aurait été encore plus critique.
Une trentenaire bordelaise, Julie, témoigne de l'importance de la présence des sauveteurs : "Ça rassure, bien sûr, mais il faudra également intensifier les campagnes de sensibilisation sur les risques liés aux baïnes, car cela peut être mortel." Ainsi, bien que les horaires de surveillance aient été étendus jusqu'à 20h30 sur certaines plages, seulement sept des 25 plages girondines ont pu déployer leurs équipes de secours à la fin mai.
Le week-end de Pentecôte, plus de 130 000 personnes ont afflué vers les stations balnéaires, provoquant un autre défi. Ces communes, qui en basse saison abritent environ 20 000 habitants, peinent à financer la surveillance et le nettoyage, un constat partagé par de nombreux élus locaux.
Des parkings payants en bas des dunes pourraient être une solution, mais ce n'est pas le souhait des maires du Porge et de Lacanau. Ils réclament plutôt un soutien accru de la part des autres collectivités territoriales pour faire face à cette affluence inédite.
"Il est indispensable de préserver des espaces de liberté accessibles à tous!" avertit M. Zaninetti, redoutant un avenir où l'accès aux plages pourrait devenir payant. Dans un voisinage de la région, les Landes ont expérimenté une veille hors saison pour la sécurité des plages, mais cette approche représente un coût considérable tandis que le conseil départemental girondin reste sous surveillance financière.
La préfecture, cette semaine, a appelé à une mobilisation générale des services de l'État, des collectivités et des pompiers, prévoyant le déploiement de CRS-MNS dès le 1er juillet pour accroître la prévention contre les noyades. Le Sivu33, tout en saluant ce soutien, met en garde ; avec le changement climatique, l'avenir pourrait exiger une surveillance des plages durant tout l'été, de Pâques à la Toussaint.







