Ce samedi, plus de 200 sans-abris et soutiens, dont des membres d'associations comme le Toit k'est à tous et le Secours Catholique, ont manifesté à La Rochelle pour contester la récente politique d'éloignement du centre-ville mise en place par le maire, Olivier Falorni. Le rassemblement visait à exprimer leur mécontentement et à demander une rencontre avec le maire.
Les participants ont été invités à porter des duvets ou des couvertures, symboles de solidarité. La majorité des manifestants étaient présents pour soutenir les sans-abris et dénoncer une politique jugée discriminative. "Nous subissons un harcèlement quotidien et nous avons besoin de vivre dignement," a déclaré Stéphane, un sans-abri.
Lors de la manifestation, des slogans ont été scandés pour pointer du doigt les inégalités de traitement entre les sans-abris et les personnes bien habillées qui sortent dans les bars. Un manifestant a fait valoir que malgré leur apparence, les comportements problématiques sont souvent ignorés, alors qu'un sans-abri est systématiquement stigmatisé.
Un quotidien difficile pour les sans-abris
Les témoignages étaient poignants. Bérangère et Karim ont décrit leurs difficultés à trouver un endroit pour s'asseoir, en déplorant que la police municipale n'hésite pas à les chasser. "Nous ne faisons rien de mal, mais nous ne pouvons même pas nous reposer un instant," a déclaré Bérangère, visiblement épuisée. Ils maintiennent une demande forte pour être entendus et pour que les autorités prennent en considération leurs besoins.
"Papy", un ancien candidat aux municipales, a partagé son expérience en soulignant les multiples amendes qu'il a reçues, refusant de quitter son lieu de vie au centre-ville. Il a exprimé à plusieurs reprises sa volonté d'ouvrir un dialogue avec le maire, sans jamais recevoir de réponse.
Les appels des associations
Les organisations d'entraide réclament également une rencontre avec Olivier Falorni, sans succès jusqu'à présent. Muriel Dumont, responsable du Toit k'est à tous, a menacé d'entamer une grève de la faim si le maire ne fait pas preuve d'ouverture.
Stéphane Melchiori, président du Secours Catholique en Charente et Charente-Maritime, a expliqué que la lutte contre la pauvreté devait être une priorité. Il critique le fait que des décideurs puissent déclarer que les personnes sans-abri sont un poids, alors qu'il est essentiel d'accompagner ces individus vers la dignité.
Pour faire entendre leur voix, les associations ont lancé une pétition qui sera prochainement mise en ligne. Une nouvelle manifestation est d’ores et déjà prévue le 13 juin devant la mairie de La Rochelle, témoignant d'un engagement persistant pour un dialogue constructif.







