Les éducateurs de rue, indispensables au sein des quartiers prioritaires de Grand-Angoulême, se trouvent dans une situation difficile. Ce mercredi après-midi, ils ont tenu une manifestation devant le Conseil départemental de la Charente. Actuellement, six éducateurs sur dix sont soit licenciés, soit en arrêt de travail.
Le Conseil départemental a annoncé son intention de mettre fin à la convention avec l'ADSEA, l'association pour la sauvegarde de l'enfant à l'adulte, qui opère depuis Poitiers. Parmi les éducateurs, deux vont être licenciés et quatre autres sont déjà absents pour des raisons de santé. Cette situation pourrait gravement affecter la tranquillité des quartiers, où la présence de travailleurs sociaux est cruciale.
Mehdi, un jeune résident du quartier de Basseau-Grande-Garenne, a exprimé son désarroi : « Il n'y a plus d'éducateurs, plus de sorties. Ils aidaient pour les rendez-vous, ils soutenaient nos mamans. On est beaucoup énervés ! » La diminution du personnel est source d'inquiétude pour la communauté, qui craint des tensions en l'absence de soutien.
Les liens qui se sont tissés au fil des années entre les éducateurs et les jeunes sont inestimables. La responsable de la structure, qui sera licenciée prochainement après un préavis de quatre mois, a su établir une relation de confiance avec les jeunes. Le président du conseil départemental, Jérôme Sourisseau, a refusé de rencontrer les manifestants, déclenchant frustration et colère parmi les travailleurs sociaux.
Cette situation a des implications directes sur la sécurité. Louisa L. Lucie, la cheffe de service en question, souligne que « notre travail nocturne aide à éviter les émeutes et les rixes. Quand les centres sociaux doivent faire face à des crises, c'est nous qu'on appelle. Mais ce travail de l'ombre est de plus en plus difficile. »
Avec l'ADSEA devant interrompre ses interventions en Charente à partir du 30 septembre, la communauté s'interroge sur la suite et l'avenir des jeunes des quartiers. Les éducateurs de rue sont des piliers de la prévention, mais leur désengagement risque de créer une vague de tensions dans la région. Cette situation exceptionnelle alerte aussi les autorités et les spécialistes du secteur social, appelant à une mobilisation urgente pour préserver le soutien essentiel à ces jeunes.







