À partir de lundi, Cyril Zattara, un hypnothérapeute autoproclamé et professeur de danse rock, sera jugé à Aix-en-Provence pour avoir drogué et violé plusieurs femmes. Ce procès s'inscrit dans un contexte où les dangers de la soumission chimique sont de plus en plus discutés au sein de la société.
Les accusations pèsent sur Zattara depuis des années : il serait impliqué dans des abus sur au moins 14 victimes, dont certaines ont porté plainte après des expériences traumatisantes. Les enquêteurs décrivent son modus operandi : il offrait un verre de vin ou d'eau, dans lequel il faisait glisser un puissant somnifère avant de profiter de l'état d'inconscience de ses victimes pour les violer. Dans de nombreux cas, il filmait ces actes à leur insu.
Cette affaire dramatique a rappelé des précédents, notamment l’affaire des viols de Mazan, où des femmes avaient été droguées par leurs agresseurs. L'avocate de Zattara, Me Dorine Sekly Livrati, a tenté de minimiser la gravité des faits, affirmant que son client a apporté des changements significatifs à son comportement grâce à un suivi psychologique. Cependant, les preuves ADN retrouvées sur les victimes semblent contredire sa défense.
Les répercussions de cette affaire vont au-delà de la simple culpabilité individuelle. Elle soulève des questions plus larges sur l'utilisation irresponsable de médicaments comme les benzodiazépines, souvent détournés à des fins criminelles. Sud Ouest relève que des avocats représentant les victimes insistent sur l'importance de rendre ces substances plus difficiles d'accès afin de protéger d'éventuelles futures victimes.
Les analyses médicales effectuées sur certaines victimes ont révélé des traces de somnifères, ce qui a sérieusement corroboré les accusations portées contre l'hypnothérapeute. La défense, quant à elle, a mis en lumière des problèmes liés à la prescription et à l'utilisation de tels médicaments, suscitant un débat enflammé parmi les spécialistes en santé publique.
À l’ouverture du procès, l’avocate de l’une des victimes, Caroline Kazanchi, devrait demander que l’audience se tienne à huis clos pour protéger les victimes et favoriser un témoignage plus libre. Les implications sociales du procès de Zattara pourraient en faire un cas emblématique dans la lutte contre les violences faites aux femmes.







