À Toulouse, la situation s'aggrave pour les femmes enceintes alors que les gynécologues des cliniques privées se joignent à un mouvement de grève national. À partir du 10 janvier, plusieurs maternités cesseront d’effectuer des accouchements, redirigeant les patientes vers le CHU de Purpan, déjà débordé par les accroissements d’activité, en raison de la crise de l'hôpital public.
Cette mobilisation vise principalement à dénoncer le manque de financement dans le secteur de la santé et l'absence de négociations avec l'Assurance Maladie concernant les honoraires des médecins, qui n'ont pas évolué depuis plusieurs années. Le Dr Olivier Thiebaugeorges, gynécologue à la clinique Rive Gauche, insiste sur le fait que "les tarifs stagnent, ce qui rend difficile le maintien d'une qualité de soins satisfaisante".
Bien que la grève soit un dernier recours, elle a des conséquences directes sur l'accès aux soins. Dans la clinique Rive Gauche, où environ 3 800 bébés voient le jour chaque année, les gynécologues ont décidé de suspendre leur activité jusqu'au 14 janvier, mais des urgences vitales seront toujours traitées. Les patientes sont prévenues par mail, et leur suivi est maintenu pour les rendez-vous déjà pris.
Les lendemain, l'intention claire de rediriger les femmes en travail vers l'hôpital public met en lumière une inquiétude grandissante. "Accoucher là où l'on est suivi tout au long de la grossesse est un choix personnel" s'exprime une femme enceinte de 37 semaines, évoquant des doutes face à ce déplacement éventuel. Elle souligne : "C’est rassurant de passer ce moment avec l’équipe médicale que l’on connaît".
Ce mouvement de grève pourrait également toucher d'autres maternités privées de la région. Le groupe Ramsay Santé précise toutefois que les soins d’urgence seront maintenus, mais l’impact sur l'hôpital public pourrait être considérable, déjà en proie à des difficultés, renforcées par les épidémies hivernales. Le CHU de Toulouse a commencé à réorganiser ses services pour faire face à ce surcroît de pression. Un plan blanc, un dispositif d'urgence pour faire face à une surcharge de travail, pourrait même être activé si la situation perdure.
Alors que la grève se poursuit, la question de l'équilibre entre le secteur public et privé demeure cruciale. Selon des déclarations récentes de l'Ordre national des médecins, des ajustements de financement sont nécessaires pour garantir la pérennité du système de santé. Les spécialistes de la santé appellent à des solutions durables pour éviter que ces crises ne deviennent la norme, alertant sur une possible spécialisation des soins qui, dans d'autres pays, a conduit à des disparités d'accès importantes.







